Maria Vittoria, Elise Valmorbida, Editions Préludes.

maria

Nous sommes en 1923, dans un petit village reculé des Dolomites, en Italie.

Il ne reste que très peu d’hommes dans le hameau : ils sont presque tous morts durant la Grande Guerre.

C’est là que vit, avec toute sa famille, Maria Vittoria, une belle jeune femme.

A 25 ans, elle est toujours célibataire, au grand désespoir de ses parents.

« Si elle n’a pas la bague au doigt cette année, elle ne l’aura jamais » disent-ils, et sa mère lui promet d’ailleurs qu’elle finira sorcière si elle ne se marie pas.

C’est dans ce contexte que Maria fonde beaucoup d’espoirs quand son père part lui trouver un époux.

En s’appliquant à broder les pièces de son futur trousseau, elle pense à ce que pourrait être sa vie s’il réussissait à lui trouver un mari.

Et le père finit par revenir, quelques jours plus tard.

Avec Achille. « Il est beau, il a les yeux bruns, la peau lisse, une bouche surmontée d’une moustache… »

Achille à qui Maria devra montrer ses dents, un peu comme un cheval, alors que sa mère continue à vendre  les atouts de sa fille en précisant qu’elle n’est jamais malade, n’a pas de faiblesse dans le sang, qu’elle travaille dur et qu’elle est bonne cuisinière.

Maria, qui n’aura pas d’autre choix que de laisser son père et son futur époux décider des termes de la noce, se retrouve donc mariée.

Mais pas question de se laisser aller au romantisme. Il faut travailler dur pour gagner sa croûte, et élever les enfants qui arrivent très vite.

Le couple décide alors de partir s’installer dans la plaine, dans un bourg dix fois plus grand que celui où Maria a vécu jusqu’à présent, et de reprendre une épicerie.

Les années passent, les enfants grandissent. Les affaires vont plutôt bien.

Maria pourrait être heureuse et satisfaite de son existence aux côtés de son mari, même s’il n’est pas toujours facile à vivre.

Mais c’est tout autre chose qui la tracasse : dans l’ombre, le fascisme s’installe un peu partout dans le pays. La menace d’un nouveau conflit mondial est à nouveau présente.

Cela devient très difficile pour le couple de satisfaire les clients : il n’y a plus grand chose à manger, nulle part. Même se chauffer devient très compliqué …

Et ce n’est qu’un moindre mal : Achille est arrêté pour avoir volé dans les réserves de la commune afin de pouvoir proposer des marchandises à ses clients.

Pour cela, il semble qu’il risque la peine de mort.

Le seul qui pourrait le sauver de ce très mauvais pas, c’est le cousin de sa femme. Un fasciste notoire.

Dans cette Italie qui connaît les heures les plus noires de son histoire, jusqu’où Maria est-elle prête à aller pour sauver son époux, sa famille, son honneur ?

C’est à lire dans ce très très beau roman. Le premier d’Elise Valmorbida publié en français.

Un magnifique portrait de femme à la fois si forte et si soumise.

Une femme droite dont le courage n’a aucune limite à une époque si trouble et si dure pour le sexe féminin, dans une Italie souvent méconnue.

On ne peut qu’être touché et ému par la personnalité de Maria, par son histoire et par l’écriture très juste de l’auteur. Une écriture qui ressemble aux personnages du roman. Sobre, directe, sans aucune fioriture.

Le très sérieux Times parle d’un roman ensorcelant. Il n’a pas tout à fait tort. Il a d’ailleurs décerné à « Maria Vittoria » le prestigieux titre de « livre du mois » lors de sa sortie aux Etats-Unis.

Auteur : leslivresdechristinecalmeau

Journaliste

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