Une famille comme il faut, Rosa Ventrella, Les Escales

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Maria de Santis est née dans une famille de Bari, en plein coeur des Pouilles, dans le Sud de l’Italie.

Son père, qui ressemble vaguement à Tony Curtis, y est pêcheur depuis toujours. Il est aussi taciturne et violent parfois, mais rarement avec elle.

Sa mère, femme au foyer, a dû être très belle. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, effacée devant les colères et les humeurs du mari.

Maria a deux frères, dont l’un fréquente des voyous. Il ne devrait pas. Il pourrait lui arriver des bricoles.

Toute la famille vit dans une petite maison d’un quartier pauvre.

Nous, les enfants, nous courions après dans les virages d’une Babel de ruelles, dans les odeurs de draps étendus sur des fils de fer et de sauces relevées où les morceaux de veau mijotaient des heures durant. C’est sur ces pavés que j’ai passé ma jeunesse. Je ne me rappelle pas avoir pensé que ces années étaient moches ou malheureuses. La laideur et la douleur étaient partout autour de moi.

Mais Maria ne semble pas en souffrir.

Elle n’a jamais connu quelque chose d’autre, elle, la fillette qu’on appelle « malacarne » (mauvaise chair) en raison de son côté rebelle et de sa peau si mate.

Dans les années 80, elle poursuit sa scolarité avec les enfants de son quartier dans une petite école où le professeur peut être cruel avec ses élèves.

Ce n’est pas un problème non plus pour Maria, qui est intelligente, et qui a très vite compris que si elle voulait sortir de sa condition, et ne pas avoir la même triste vie que sa mère ou les autres membres de sa famille de Santis,  il n’y avait qu’une solution qui s’offrait à elle : celle d’apprendre encore et encore : son salut passera par les études.

Heureusement, son père, à qui elle est la seule à oser tenir tête, accepte qu’elle s’inscrive au collège pour y poursuivre sa scolarité.

Une vraie joie pour Maria, même si elle doit affronter l’inconnu et les méchancetés des autres élèves tous issus d’une autre condition sociale qu’elle.

Elle ne se laissera pourtant pas abattre.

Au contraire, les moqueries qu’elle doit parfois subir de ses camarades de classe vont renforcer son caractère et sa personnalité.

Son seul regret, c’est qu’à présent, Michele, ne sera plus là pour la défendre.

Michele, son seul véritable ami, qu’elle ne peut plus voir parce que son père lui a interdit de fréquenter ce garçon issu d’une famille de truands que tout le monde craint dans l’entourage de la jeune fille.

Elle se sent donc parfois seule, mais qu’importe, elle y arrivera.

Comment ?

C’est à découvrir dans ce très beau roman de Rosa Ventrella, le premier de l’auteure à sortir en français.

Certains esprits chagrins diront qu’il s’agit d’une copie des romans d’Elena Ferrante.

C’est faux. Complètement faux.

Le seul point commun entre les destins de Maria, et ceux de Lila et Lenù, les héroïnes de Ferrante, c’est qu’il concerne des fillettes qui grandissent dans un environnement extrêmement pauvre.

Pour le reste, l’histoire est complètement différente, elle se déroule dans des endroits différents également. Bari n’est pas Naples.

Et l’écriture de Ventrella n’est en rien comparable à celle de Ferrante. Elle est beaucoup plus rapide et incisive.

Au départ, avec Une famille comme il faut  Ventrella pensait écrire l’histoire de l’émancipation d’une fille par rapport à un père plus que difficile.

Ce sera finalement un roman beaucoup plus vaste que cela : celui de l’apprentissage de la vie quand on naît du mauvais côté, quand on ne peut compter que sur soi-même, dans cette Italie du Sud où pauvreté rime souvent avec violence, mais aussi avec amitié, amour et tendresse.

Un très beau roman.

 

Auteur : leslivresdechristinecalmeau

Journaliste

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