Des coeurs ordinaires, Catherine Locandro, Editions Gallimard

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Gabrielle Lamperti, une soixantaine d’années, vit dans son appartement du quartier Montparnasse depuis toujours.

Veuve, son fils unique installé au bout du monde, en Nouvelle Calédonie, le temps est parfois long pour elle.

Et ce ne sont pas ses cours d’informatique qui risquent de briser cette solitude qui, même si elle ne veut pas trop le reconnaître, lui pèse parfois.

Alors quand elle remarque qu’une jeune femme vient de s’installer dans l’appartement juste au-dessus de chez elle, chez Sacha Malkine, un jeune ébéniste très discret, elle ne peut s’empêcher de vouloir faire sa connaissance.

D’abord, en essayant tout simplement d’engager la conversation avec elle dans le hall de l’immeuble. Ensuite, en allant sonner chez elle avec un gâteau de bienvenue.

Mais, la nouvelle voisine est du genre craintif et ne semble pas vouloir parler. Continuellement sur la réserve, Anna, c’est son prénom, n’a pas trop envie de se lier. Ni avec sa voisine, ni avec personne d’ailleurs.

La jeune femme sort peu. Elle travaille chez elle : elle est lectrice pour une maison d’édition. Elle partage son temps entre la lecture de manuscrits pas encore publiés et la rédaction de son journal intime.

J’ai pris conscience que ce carnet, que je remplis chaque soir avant que Sacha rentre du travail, était mon unique ami. J’en prends soin, je lui évite les ratures et le style télégraphique. Je m’applique. Mais, même à lui, je n’ose pas tout dire.

Très vite, on comprend qu’Anna sort d’un dépression profonde : son précédent poste d’enseignante a laissé des traces : son mental n’est pas encore revenu au beau fixe.

Je me suis retrouvée devant des adolescents qui ne voulaient pas apprendre, qui refusaient de m’écouter, pour qui je ne représentais rien, sinon une petite bourgeoise à peine plus âgée qu’eux déblatérant des inepties sur des auteurs morts des siècles auparavant, à mille lieues de leurs vies, de leur monde. Je n’ai pas su leur parler, capter leur attention. J’étais terrifiée.je me souviens avec précision du moment où j’ai craqué devant mes élèves.

Pour essayer de remonter la pente, pour tenir le coup, Anna prend des anti-dépresseurs en cachette de Sacha. Et petit à petit, elle sort doucement de cet état dépressif.

Elle semble même accepter l’amitié de Gabrielle, en se confiant un peu à elle, en lui racontant un peu de sa vie. Ce qui ne plaît pas du tout à Sacha, qui ne voit en Gabrielle qu’une vieille femme curieuse et intrusive.

Gabrielle dont l’attention est attirée par tout un tas de petits détails plutôt troublants, parfois inquiétants. Elle entend des bruits de disputes dans l’appartement du jeune couple. Elle suspecte Sacha de frapper Anna. Elle a même vu des bleus sur le visage de sa jeune voisine. Bref, elle est convaincue qu’Anna est en danger et qu’elle doit tout faire pour éviter une tragédie …

Sur quoi cette bienveillance va-t-elle déboucher ?

Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus …

C’est à découvrir dans ce 8ième roman de Catherine Locandro.

Une histoire qu’on lit d’une traite, impossible à lâcher.

Un roman à la construction impeccable au service d’un huis-clos mystérieux, drôlement inquiétant.

Bouleversant aussi.

Au suspense grandissant, à la tension de plus en plus perceptible au fil des pages.

Un roman d’amour également porté par une écriture  élégante, redoutablement limpide et fluide.

Des coeurs ordinaires qu’on n’oublie pas.

 

 

 

 

Les soeurs aux yeux bleus, Marie Sizun, Editions Arléa

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Inutile de parcourir les lignes qui suivent si vous n’avez pas encore lu « la Gouvernante suédoise » (sorti chez Folio l’année dernière). Un conseil, passez votre chemin, et revenez quand vous l’aurez lu. Pas avant.

Ce serait en effet dommage de spoiler ce si joli roman que Marie Sizun consacre à l’histoire un peu compliquée de sa famille, ses fameux ancêtres franco-suédois.

Des ancêtres dont elle essaie de reconstituer la vie au départ d’archives, des ancêtres aussi qui restent entourés d’une part de mystère insondable, faute de documents suffisants à disposition.

« Les sœurs aux yeux bleus » débutent en 1877.

A ce moment-là, la famille Sézeneau s’est installée, à la suite de ce qu’on appelle pudiquement un revers de fortune, dans une grande maison de Meudon, au sud-ouest de Paris. C’est là que Hulda, l’épouse de Léonard va vivre ses derniers instants.

A la stupeur générale, en juin de cette année-là, la jeune mère de famille meurt, sans maladie apparente. On parle juste d’un épuisement physique et moral.

A 27 ans, le corps d’Hulda est comme usé : elle a eu cinq enfants en très peu de temps,  avant de découvrir que son mari avait une liaison avec la gouvernante Livia, celle qu’elle croyait être sa meilleure et seule amie, son unique confidente depuis très longtemps.

Le choc de la découverte, le chagrin et l’épuisement physique d’avoir autant enfanté, auront été sans pitié pour la jeune femme.

Pour Isidore, 10 ans, pour Eugène, 9 ans, pour les filles Louise, 7 ans, Nini, 3 ans, et pour Alice, toujours bébé, l’avenir ne se dessine pas de la meilleure des façons.

La mort de leur mère sera un traumatisme évident.

Mais que savent-ils exactement des causes du décès de leur maman ?

Difficile de se faire une idée tellement leur père reste silencieux sur le sujet.

Comme Livia d’ailleurs. Livia qui est toujours là pour prendre soin d’eux, comme leur propre mère.

Livia qui est plus que jamais présente pour les élever et les consoler de tous leurs chagrins.

Livia qui, il y a quelques mois, a accouché en cachette, d’un petit garçon qu’elle a appelé George. Il est le fils de sa liaison avec Léonard, un fils qu’elle ne peut évidemment pas ramener chez les Sézeneau : elle a dû le confier, dans le plus grand secret aussi à une nourrice.

Le petit George va rester chez cette nourrice pendant des années, car Léonard, qui ne sait pas qu’il vient d’être père une fois encore,  décide d’aller s’installer avec toutes ses filles à Saint-Pétersbourg, où les affaires l’appellent. Les aînés resteront au pensionnat en France. Et Livia sera du voyage pour prendre soin des fillettes.

Les mois passent. Les années aussi. Les filles ont bien grandi. Elles commencent à comprendre certaines choses, et ne portent plus le même regard sur leur gouvernante, qu’elles finissent par prendre en grippe.

Quand tout le monde revient en France, en 1885, c’est un soulagement pour les trois filles d’apprendre que Livia ne vivra plus avec elles.

Les adolescentes sont jolies, vives, curieuses, mais sous la coupe de Léonard, qui se révèle être un père aimant, mais extrêmement autoritaire.

Très rapidement, elles vont se rendre compte que la vie ne va pas être facile dans cette campagne du bord de mer, où elles vivent, retirées de tout, et où les seuls moments de joie et d’ouverture sur le monde à leur disposition sont les grandes vacances, quand arrivent les touristes avec qui elles nouent des liens d’amitié, leur permettant de briser la monotonie d’un quotidien bien souvent morose.

Ce sera le moment des premières attirances …

Celui des premières désillusions aussi …

Cruelles …

Elle croit avoir tout compris et considère l’injure qu’elle estime lui être faite comme adressée autant à ses soeurs. On leur a fait l’aumône, écrit-elle, de les admirer, de les trouver à nulle autre pareilles, mais on a passé son chemin, et on est allé offrir ses voeux à d’autres, plus fortunées. Le mot est lâché : c’est l’argent qu’elle n’ont pas qui les exclut, qui fait d’elles des parias.

Comment dans ce cas, avec autant de lucidité, envisager l’avenir sereinement ?

C’est dans ces conditions que les trois soeurs vont devoir faire le dur apprentissage de la liberté, en traversant deux siècles, en luttant sans cesse contre leur condition de jeunes filles désargentées, dans une société en évolution constante, qui est encore si pénible, et si injuste pour les femmes seules …

Parviendront-elles à trouver le bonheur auquel elles ont droit ?

Réponse dans ce magnifique et très addictif roman. Aussi charmant que le précédent, « La gouvernante suédoise ».

Un écriture limpide, une histoire à rebondissements, des personnages très attachants.

On ne peut qu’attendre une suite et un troisième tome …

 

 

 

 

 

Une drôle de fille, Armel Job, Robert Laffont

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A la fin des années 50, à Marfort, petite bourgade ardennaise imaginaire de province belge, il n’y a pas grand-chose pour troubler la quiétude des habitants, ni celle des Borj, le couple de boulangers que tout le monde connaît dans la région.

Ruben et Gilda Borj, et leurs enfants aujourd’hui adolescents, Astrid et Rémi, y coulent des jours paisibles. La boutique marche bien, ils n’ont aucun problème d’argent.

Bref, ils ont tout pour être heureux.

Ce jour-là, le 13 septembre 58, ils sont bien loin d’imaginer comment leur vie va changer quand retentit la sonnette de la porte de leur magasin qui sent bon la tarte aux prunes et les fameuses gosettes aux pommes.

Une dame souhaite parler au couple.

Une dame qui représente l’Oeuvre nationale des orphelins de guerre.

Elle voudrait que les Borj accueille chez eux sous contrat d’apprentissage, la jeune Josée, 16 ans.

Josée dont les parents, et tout le reste de sa famille ont été tués en janvier 45, durant la bataille des Ardennes.

Tous s’étaient réfugiés dans une cave à Houffalize. Ils ont péri lors d’un bombardement de l’aviation américaine.  Seule la petite fille a miraculeusement survécu.

Josée était en parfaite santé, mais souffrait d’une légère déficience mentale consécutive au traumatisme. Elle savait compter, lisait lentement, pouvait écrire quelques mots simples. Elle était très travailleuse, d’un caractère paisible, docile et joyeux.

Au départ, Ruben Borj ne semble pas vraiment enchanté par la proposition, d’autant qu’il apprend que Josée fait parfois des crises d’épilepsie, il a peur que cela fasse fuir le client. Mais Gilda réussit à convaincre son mari et Josée vient donc s’installer chez eux à Marfort.

Une intégration au sein de la cellule familiale sans problème, à première vue en tout cas.

On lui fait une chambre dans la mansarde, comme à l’époque, quand Gilda est arrivée chez les Borj, et comme Gilda, Josée aide du mieux qu’elle peut à la vente dans la boulangerie.

Elle se débrouille d’ailleurs pas mal, au grand soulagement de la patronne qui la surveille étroitement.

Un dimanche, Josée accompagne Astrid à une répétition de la chorale : c’est la révélation. L’adolescente chante divinement bien, ce qui lui vaut très rapidement une place de soliste à la messe de Noël, au grand dam de certaines, dont la jalousie va crescendo quand elles apprennent que la Reine Elisabeth, qui a entendu Josée chanter lors de la retransmission par l’INR, est tombée sous le charme de cette voix cristalline et qu’elle souhaiterait la rencontrer. Elle et deux autres filles de la chorale …

Astrid ne fait pas partie des personnes invitées au Palais …

L’ennui, c’est que la fin de l’amitié chez les filles n’est pas le retour à l’indifférence, mais le début de la haine.

Une phrase terrible qui va prendre tout son sens à Marfort, dont les habitants ne peuvent s’empêcher de colporter des rumeurs qui vont très vite créer un climat absolument détestable pour tous les membres de la famille Borj et entraîner une tension plus que malsaine au sein du couple, au sein de toute la bourgade aussi.

Quand les secrets de famille que l’on croyait enfouis à tout jamais dans le passé refont surface, lorsque le qu’en dira-t-on devient une philosophie de vie, quand les frustrations et les jalousies accumulées au fil du temps empoisonnent le quotidien, que reste-t-il de l’innocence d’une orpheline de guerre qui n’a rien demandé à personne ?

Réponse dans ce thriller psychologique impossible à lâcher une fois qu’on l’a ouvert.

Armel Job, dont on attend plus qu’impatiemment la sortie annuelle, début février,  est devenu le maître du genre.

Incontestablement un des meilleurs pour plonger dans l’âme humaine et aller gratter au delà de l’inavouable.

Un orfèvre pour exhumer toutes ces choses qu’on a tout fait pour essayer désespérément de taire définitivement.

 

Un petit bijou. Un vrai …

 

 

 

 

Madame la Présidente, Ava Djamshidi, Nathalie Schuck, Editions Plon

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D’elle, on connaît le sourire, le bleu des yeux, le blond du brushing impeccable.

D’elle, on connaît aussi la frêle silhouette, la coupe des tailleurs Vuitton, les stilettos.

D’elle on connaît encore les très nombreuses couvertures des magazines, les photos faussement paparazzées ou non, photoshopées un peu, beaucoup ou pas du tout, selon de degré de bienveillance de l’éditeur.

Tout ce qu’on remarque au premier regard chez Brigitte Macron, c’est tout ça.

Tout ce qui pourrait laisser penser qu’elle ne serait qu’une potiche à côté de son mari.

Ce serait bien mal la connaître : comme elle le dit elle-même, elle est tout sauf un « pot de fleurs », même si elle reconnaît avoir une vie très banale avant …

Avant, quand son mari n’était qu’un jeune banquier prometteur et qu’il n’était que son mari plus jeune.

En 2014, personne, excepté le microcosme parisien, ne connaît Emmanuel Macron, et encore moins son épouse.

En 5 petites années, elle est passée de l’ombre à la lumière, du statut de professeur retraitée à celui de première dame d’une des plus grandes puissances mondiales.

Peu de temps après l’élection de son mari, Brigitte est extrêmement populaire. Au fil des mois, ça se tasse, mais elle bénéficie toujours d’un capital sympathie non négligeable.

De quoi faire un peu oublier les affronts subis de la part de personnalités de premier rang, comme ce goujat de président américain qui lui dit qu’elle est drôlement bien conservée, sous-entendu pour son âge. De quoi aussi gonfler le moral pour faire face aux rumeurs d’homosexualité de son mari.

Brigitte qu’on dit chaleureuse, empathique, humaine, drôle et si attentive aux autres.

Brigitte qui surveille la ligne d’Emmanuel.

Brigitte qui a tellement peur de lui causer du tort, mais qui ose tout lui dire, même s’il faut parfois hausser le ton.

Brigitte qui ne connaît pas vraiment d’ennemis, sauf peut-être ceux qu’on appelle les Mormons, la garde rapprochée de son mari.

Ils la détestent paraît-il. Ils l’appellent même « la vieille »…

Brigitte qui doit néanmoins à présent se méfier de tout le monde …

Alors, est-ce elle qui a mené son mari jusqu’aux portes du pouvoir ? Un de leurs intimes est absolument convaincu que c’est Brigitte qui a conduit Emmanuel à l’Elysée et que son mari lui doit tout.

Une thèse très largement partagée parmi les connaisseurs de la vie politique, qu’ils soient élus, ministres, conseillers ou communicants. Parce qu’elle lui a permis d’entrer dans les maisons des Français « grâce aux salons de coiffure », pointe avec une once de mépris un des collaborateurs du président. Pour ce qu’elle incarne aussi, Brigitte Macron rend crédible la candidature « anti-système » d’un pur produit de la méritocratie française, énarque, banquier d’affaires qui plus est. Sans elle à ses côtés, nulle transgression, la ligne « anticonformiste » ne fonctionne pas sans elle. Emmanuel Macron est si lisse, un jeune homme si parfait, sans la moindre aspérité. (…) Le nouveau monde, la modernité, c’est elle. Lui était déjà vieux quand il avait 20 ans. Elle est le quotient émotionnel, il est le quotient intellectuel. Or le cerveau intègre les choses par l’émotion. C’est cela qui attire l’attention.

Ava Djamshidi, journaliste politique au Parisien, et Nathalie Schuck, grand reporter politique au Parisien également,  signent ici à quatre mains une enquête impossible à lâcher avant la dernière page.
Une enquête qui aura duré des mois.
Pour l’écrire, elles ont recueilli les confidences de dizaines de témoins.
Plus de 70 en tout : des élus, des ministres actuels et anciens, des amis, des conseillers et des artistes, tous proches du couple.
Des témoignages qui ont permis de lever un coin du voile et de découvrir le quotidien de Brigitte Macron, qui a accepté de leur parler aussi, alors qu’elles n’avaient pas de rendez-vous avec elle mais avec son équipe à l’Elysée.
Autant de rencontres pour se faire une idée très précise de l’influence de Brigitte sur son mari, du rôle qu’elle tient exactement en coulisses, et officiellement, dans ce huis clos de l’Elysée où, comme le dit si bien Stéphane Bern, elle est la dernière à lui parler le soir … au grand désespoir de certains …
Le véritable rôle de Brigitte Macron.
Passionnant.

Fake News, Michèle Cotta, Robert Namias, Robert Laffont

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Au printemps 2018, les Français ont élu un nouveau président.

Il s’appelle François Berlau. Marié, amoureux de sa femme. Deux enfants.

Il est jeune. 42 ans. Sorti un peu de nulle part. Un vrai provincial, pas honteux de l’être.

Bourré d’ambition.

Celle de tout changer. Absolument tout.

En commençant par ce palais vieillot et inconfortable qu’est l’Elysée. Ensuite, la manière de diriger un pays.

Et jusqu’à présent, on peut dire que les résultats sont là : le chômage a enfin baissé, la croissance repart à la hausse, les exportations reprennent.

Cerise sur la gâteau, Berlau semble très apprécié, à première vue en tout cas, sur la scène internationale.

En France aussi, les citoyens sont sous le charme.

De quoi lui donner toutes les raisons d’être optimiste pour la suite de son quinquennat. Même si en coulisses, tout n’est pas aussi joli qu’il n’y paraît.

D’abord, il y a six mois, ces deux assassinats qui ont fait beaucoup de bruit et couler beaucoup d’encre :  celui du Président du Sénat et celui du patron de presse le plus influent de France.

Voilà qui fait très très mauvais genre. D’autant que l’enquête piétine depuis des semaines. Pour les enquêteurs, aucun élément ne peut accréditer l’une ou l’autre thèse. D’ailleurs, c’est bien simple, ils n’ont aucun piste…

Et puis, il y a cette affaire dévoilée par le Canard Enchaîné. Beaucoup plus délicate. Carrément dangereuse même pour la suite de la carrière du jeune président à la tête de l’état français.

D’après les journalistes du Canard, la campagne électorale de Berlau aurait été financée dans le plus grand secret évidemment, à coups de millions d’euros, par les … mollahs iraniens.

Voilà qui fait très mauvais genre encore et qui risque bien de ruiner tout son capital sympathie auprès de ses électeurs. Une vraie catastrophe pour le jeune président. L’article publié est on ne peut plus clair …

La vérité, c’est que la campagne du plus jeune président que la République s’est jamais donné lui aura coûté plus de cinquante millions, au bas mot. Mais qui étaient ces généreux donateurs, si puissants et habiles qu’ils ont pu faire circuler l’argent par valises entières ?  (…)  Et au terme d’une enquête qui aura mis plus d’un an, nous avons trouvé la clé ouvrant ces valises de billets. A Téhéran. Les ayatollahs n’ont pas que des mauvais côtés et ils ont surtout beaucoup d’argent. Suffisamment en tout cas pour trouver utile et avantageux de financer la campagne de François Berlau. Ce qui fut fait à hauteur de soixante millions.

Les journalistes du Canard viennent de lâcher une bombe…

Quel crédit accorder à ces affirmations étayées quelque temps plus tard par l’enquête d’un autre journal, très sérieux et reprises aussitôt en boucle par les chaînes d’infos en continu ? Et comment le président Berlau va-t-il gérer cette affaire qui s’est très transformée en scandale d’état ?

C’est à découvrir dans ce thriller politique qui tient toutes ses promesses.

Les deux auteurs Cotta et Namias ont mis leur incroyable expérience professionnelle  au service  de l’intrigue qu’ils situent dans un monde qu’ils connaissent particulièrement bien : celui de la politique.

Un monde fait de trahisons et de coups bas, mais aussi d’alliances parfois surprenantes. Un monde qui ne vit que par ce que les médias décident d’en montrer.

Les médias, leurs sites internet, les chaînes d’infos en continu, les réseaux sociaux …

Ou comment un pays peut quasi du jour au lendemain basculer dans le chaos …

Même si tout est possible et crédible, tout est faux dans le roman de Cotta et Namias.

Mais tout pourrait être vrai …

Ce qui le rend complètement glaçant …

Terrifiant …

 

 

 

 

Félix et la source invisible, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel

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Félix est un gamin de 12 ans, plutôt bien dans sa peau.

Il vit seul avec sa maman Fatou à Belleville, où elle tient un petit troquet, appelé judicieusement « Au boulot ».

C’est là que se retrouvent des habitués, des riverains en manque de chaleur humaine. Ici, ils sont les rois, soignés aux petits oignons par la vive, pétillante, curieuse, rayonnante, expansive et gracieuse Fatou.

Fatou qui a pour habitude de trouver de jolis surnoms à sa clientèle, histoire qu’elle se sente  plus à l’aise.

Fatou qui a choisi « Félix » comme prénom pour son fils unique, parce qu’elle est convaincue que « Félix » qui signifie heureux en latin lui garantira un destin enchanté.

Tout va donc très bien dans la vie de Félix, jusqu’au moment où Fatou sombre dans une profonde dépression qui s’aggrave chaque jour qui passe, sans qu’on sache trop pourquoi, puisqu’au premier regard, il ne semble pas, à priori, y avoir de raisons sérieuses qui pourraient menacer l’existence heureuse et paisible de la maman et de son fiston.

Fatou ne parle plus, elle ne regarde plus personne, ne s’alimente quasi plus non plus.

Elle commence à développer des tocs : elle se met à compter tout ce qui lui passe sous la main. Et très curieusement, elle nettoie tout, absolument tout à l’eau de javel.

Son entourage et ses plus fidèles clients, Félix, tout le monde est très inquiet. D’autant que les anti-dépresseurs prescrits par le médecin n’ont servi strictement à rien. Au contraire, Fatou va de plus en plus mal. Et c’est toujours complètement incompréhensible.

En désespoir de cause, Félix, qui ne supporte plus voir sa maman dans cet état, appelle son oncle pour qu’il revienne d’Afrique.

Avec lui, ils vont aller consulter des marabouts.

Ce qui ne sert bien sûr à rien : à part les délester de leurs économies, ces charlatans n’ont évidemment rien tenté pour améliorer l’état de la malheureuse qui fait peine à voir.

C’est alors que se pointe le Saint-Esprit.

Félicien Saint-Esprit. Capitaine de frégates. Martiniquais.

Félicien est le père biologique de Félix, qui voit cette arrivée d’un tout mauvais oeil.

Félix n’a jamais eu besoin de papa. Il n’a jamais dû partager sa maman, et il n’a aucune envie que cela change. Pourtant, il doit se rendre à l’évidence, il faut qu’un adulte prenne les choses en main et agisse.

Il y a urgence si on veut sauver Fatou.

Félix accepte donc que Félicien et lui emmènent Fatou en Afrique, là où elle a grandi, près des arbres et près du fleuve.

En espérant évidemment la soigner …

Ce voyage aux origines va-t-il pouvoir ramener Fatou à la vie d’avant et faire disparaître tous ses tourments ?

C’est à découvrir dans « Félix et la source invisible »,  un conte qui fait partie du Cycle de l’invisible, initié avec « Milarepa ».

Un cycle qui aborde la recherche du sens, à travers des récits tous indépendants les uns des autres, mais avec à chaque fois, un héros qui « affronte des moments cruciaux de l’existence et trouve dans une rencontre la force d’avancer », cette rencontre étant en même temps celle d’une spiritualité.

Et donc, après avoir abordé le bouddhisme tibétain, l’islam sous la forme du soufisme, le christianisme, le bouddhisme zen, le confucianisme ou encore la musique, Eric-Emmanuel Schmitt évoque l’animisme dans ce conte si doux à lire.

Un vrai bonbon. Un vrai régal.

Un vrai moment magique de lecture.

Un livre qui fait du bien.

 

 

 

Première dame, Caroline Lunoir, Actes Sud

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Le compte à rebours est lancé : il reste 726 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle.

C’est long et c’est peu de temps à la fois pour Marie, l’épouse de Paul, candidat à la primaire de son parti.

Un délai que Marie va mettre à profit pour tenir un journal de la campagne qui s’annonce.

Elle, l’épouse dévouée, la mère exemplaire, est au départ, on a un peu tendance à l’oublier,  une journaliste qui parle russe. Aujourd’hui elle écrit des chroniques art et culture dans un hebdomadaire. Une mise entre parenthèses de sa carrière pour laisser la place à celle de son mari. Pour s’occuper aussi de leurs 4 enfants. Une existence plutôt douce jusqu’à présent, qu’elle n’a jamais songé à remettre en question.

Et la campagne démarre.

Très vite, les premières trahisons d’amis proches qui passent dans le camp adverse. Encore plus vite, les vies de Marie et celle de son candidat de mari sont passées au crible par la presse qui ne leur laisse pas un moment de répit.

Très rapidement encore, les premiers meetings sont organisés.

Les premiers sondages commencent aussi à livrer leurs premiers résultats : et le moins que l’on puisse dire, c’est que Paul ne semble pas vraiment être favori : les sondeurs le placent péniblement à la troisième position de la primaire.

A J-383, soit à un peu plus d’un an du premier tour, le chouchou des médias, le grand favori, le candidat du parti opposé est arrêté aux Etats-Unis pour violences sur deux prostituées … ce qui change considérablement la donne…

Mais la campagne est loin d’être finie.

A J-147, au soir de la primaire :  « Un choc de bonheur. Une claque d’euphorie. Il y a cette tension joyeuse qui monte, au milieu des rires, des plaisanteries et d’une bonne humeur tenace avec les retours des bureaux de vote. Le téléphone qui sonne en continu. Le portable de Paul qui clignote de messages. Les fouilles des poubelles où le bulletin de Paul serait rare, les journalistes qui arrivent de plus en plus nombreux (…) L’ancien président, éliminé, évincé, neutralisé. Le favori, laissé loin derrière. Paul, premier, Paul en raz-de-marée, mon Paul, conquérant d’une victoire arrachée aux politiques, aux commentateurs, plébiscité par notre peuple, nos militants. Ce soir de victoire ne ressemble à aucun autre. Le destin est en marche, j’ai confiance. »

Pour le clan de Paul, la joie et le bonheur seront de courte durée. La campagne reprend de plus belle. Personne ne retient ses coups.

Et Marie ne sera pas épargnée. Le scandale est là. De quoi ébranler toutes ses certitudes. De quoi faire éclater la cellule conjugale et ce cocon familial si précieux.

Comment Marie va-t-elle traverser toutes ces turbulences ? Le soutien inconditionnel qu’elle offre à Paul sera-t-il plus fort que tout ce qu’elle subit ?

Réponse dans ce très très chouette roman signé Caroline Lunoir, sans doute largement inspiré par les différents scandales que la politique française a proposé lors des dernières présidentielles.

Un journal intime magnifiquement écrit, délicieusement vieille France pour dresser le portrait d’une héroïne toute en retenue, qui ne sait que faire pour garder la tête haute dans ce torrent de boue, pour sauver le peu de fierté qui lui reste.

On imagine un peu mieux ce que Pénélope Fillon a enduré …

 

Battements de coeur, Cécile Pivot, Calmann-Lévy

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Anna Capaldy, pas encore 40 ans, ravissante de l’avis général, est éditrice dans sa propre maison d’édition, une maison qu’elle a créée avec son meilleur ami il y a une quinzaine d’années.

Mère célibataire de deux garçons, elle est plutôt heureuse.

Son boulot lui plaît. Sa situation matrimoniale également : elle aime les hommes et compte sur le sexe pour s’amuser dans la vie.

Rien de plus.

Ses seules faiblesses résident dans son enfance : ses parents qu’elle juge déprimants, repliés sur eux-mêmes, avec qui elle a peu de contacts, ce qui lui manque beaucoup.

L’autisme de son fils Hugo ne représente pas une autre faiblesse pour elle, mais bien une force.

Paul Landersonne, lui, a un peu plus de 40 ans. Il est paysagiste, à la tête d’une affaire prospère qui l’oblige souvent à refuser des chantiers.

Père de deux enfants également. De deux mères différentes. Il ne sait plus trop quoi penser des femmes et de l’amour. Ce qui l’intéresse plus que tout, c’est protéger sa tranquillité d’esprit jusqu’à la fin des temps.

Mais il ne crache certainement pas sur une aventure.

Anna et Paul se rencontre lors d’un dîner.

Quelques jours plus tard, alors qu’ils se sont à peine parlé, Paul invite Anna au restaurant. La conversation met un peu de temps à se mettre en route, comme s’il étaient un peu gênés d’être là assis là, l’un en face de l’autre.

Un moment qui ne dure pas longtemps.

Elle aime la ville, lui la nature. Elle aime la mer, lui la campagne. Elle lit beaucoup, lui peu. Elle fréquente les théâtres, lui les cinémas. Elle adore les chats, lui les chiens. Elle est bordélique, il est maniaque. Elle se couche tard, il s’endort tôt. Elle fait la grasse matinée, il se lève à l’aube. Elle dort mal, lui comme un bébé. Elle est de l’hiver, lui du printemps. Elle goûte les bourgognes, lui les bordeaux.

 Qu’importe si tout semble les opposer.

Pour le moment, il n’y a que cette attirance qui compte. Si forte.

Tellement forte qu’elle va les pousser à renoncer à la solitude qu’ils appréciaient tant, chacun de leur côté.

Tellement forte qu’ils vont acheter une maison,  faire une croix sur  leur liberté chérie et s’installer ensemble : une vraie famille recomposée, avec tous ses bonheurs et toutes ses difficultés parfois.

Qu’importe, leur amour semble plus fort que tout.

Les années passent.

L’habitude s’installe. Le doute aussi.

Le doute, ce poison contre lequel on ne sait pas faire grand chose.

Parviendront-ils à surmonter ce doute et l’usure du temps, quand la passion s’est éteinte et qu’il ne reste que cette autre chose, cette autre chose si difficile de nommer et d’apprécier ?

La réponse dans ce très beau roman.

Le premier de Cécile Pivot. Qui découpe au scalpel une histoire d’amour, classique certes, mais très joliment racontée.

Avec des personnages intéressants et attachants, dans lesquels plus d’une lectrice ou d’un lecteur se reconnaîtra.

Un premier roman servi par une écriture simple, vive et efficace, qui ne permet pas l’abandon du livre avant la dernière page.

Bernard Pivot peut être fier de sa fille.

 

Les fureurs invisibles du coeur, John Boyne, Editions JC Lattès

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En 1945, Catherine Goggin a seize ans à peine.

Elle vient de se faire humilier et insulter par le curé de la paroisse qu’elle fréquente avec ses parents, dans son petit village, non loin de Cork, au sud de l’Irlande. Une humiliation publique lors de la messe hebdomadaire parce qu’elle est enceinte et qu’elle refuse de donner le nom du père de son enfant.

Ce jour-là, bannie de sa communauté, elle prend un billet aller, sans retour, pour Dublin, où elle s’installe sans connaître personne. Elle y trouve heureusement très rapidement du boulot au salon de thé de l’Assemblée Nationale irlandaise.

Quelques mois plus tard, dans des circonstances dramatiques, elle accouche d’un petit garçon, qu’elle abandonne à la naissance, avec beaucoup de regret, consciente qu’elle ne pourra pas lui assurer un avenir serein.

Sept ans ont passé.

Le bébé a grandi.

Il s’appelle Cyril. Il a été adopté par Charles et Maude Avery : un couple de dublinois, aisé, et excentrique. Elle écrit des livres, lui est banquier, assez connu, plutôt magouilleur.

Cyril grandit à l’abri du besoin, mais sans grande chaleur humaine. Son père lui faisant très souvent comprendre qu’il n’est pas un vrai Avery, qu’il ne le sera jamais puisqu’il a été adopté. Qu’à cela ne tienne. Il semble s’en accommoder sans trop de problème. Et ce genre de considérations complètement mesquines n’intéresse absolument pas le meilleur ami de Cyril, Julian Woodbead.

Les deux gamins se sont connus alors que le père de Julian, avocat, défend le père de Cyril, dans une bien vilaine posture par rapport au fisc.

Mais il faudra sept années supplémentaires pour que les deux ados se retrouvent dans la même école, dans le même internat.

Et Julian devient le rayon de soleil de Cyril.

Julian, si brillant, si beau, si aventureux, si dragueur, si charmeur.

Au fil des mois, alors que Julian multiplie les conquêtes féminines, Cyril va se rendre à l’évidence : lui, ce n’est pas les filles qu’il aime.

Lui, il est amoureux de Julian.

Et donc homosexuel.

Une évidence douloureuse dans cette Irlande rétrograde des années 60, où l’on envoie toujours en prison celles et ceux qui préfèrent le même sexe.

Impossible donc pour lui de révéler qui il est vraiment. Il essaie même vainement de se tourner vers les femmes…

Comment dans ces conditions va-t-il trouver son équilibre et son épanouissement intérieur ?

Réponse dans ce somptueux roman de John Boyne.

Un roman puissant, qui vous fera passer du rire aux larmes.

De la tendresse à la colère.

De la résignation à l’espoir.

En revivant toutes ces années à travers Cyril, ce héros si attachant, l’histoire de l’Irlande se dessine assez honteusement, des années 40 à nos jours, des années sida à la légalisation du mariage homosexuel.

Boyne signe un roman d’une justesse rare, sans un gramme de pathos pour dénoncer toutes ces injustices et toutes ces horreurs.

Un moment de grâce …

 

Le dernier roi soleil, Sophie des Déserts, Fayard/Grasset

jean

Jean d’O.

Le fameux Jean d’O.

Celui qui disait en riant qu’ « un bon écrivain devait réussir sa sortie, surtout pas disparaître le même jour qu’un chanteur, comme ce pauvre Cocteau éclipsé par le décès de Piaf ».

Nul doute que Jean d’O a quand même dû moyennement sourire en apprenant la mort de Johnny, le lendemain de la sienne…

Jean d’O donc, sujet d’une biographie complètement autorisée, mais sans complaisance aucune.

Quasi jusqu’à la veille de sa mort, pendant près de trois années, le dernier roi soleil a ouvert grand les portes de sa maison de Neuilly à Sophie des Déserts, qui a été longtemps journaliste au Nouvel Observateur, aujourd’hui à Vanity Fair.

Ces deux-là se sont vus très souvent.

Pour déjeuner, pour dîner, pour papoter, pour deviser.

Et l’idée d’un livre est presque devenue naturelle au fil des rencontres, même si Jean d’O a d’abord longuement hésité avant de dire oui.

L’air de rien, à quatre-vingt-dix ans passés, il songeait à la postérité. Bien sûr, il n’en disait rien, c’eût été vil et triste. Il faisait l’éternel jeune homme. Nous esquivions l’horizon. Je lui proposais un pacte sans engagement : se voir, discuter, carnet en main, pouvoir tout arrêter si l’un ou l’autre en avait assez … »

 Jean d’O qui ne s’embarrasse d’aucun tracas matériel, a toujours vécu avec un majordome à ses côtés, une personne indispensable puisqu’il reconnaît bien volontiers qu’il ne sait rien faire, même pas changer une ampoule…

Et Olivier, le dit majordome s’est confié à l’auteure.

Monsieur plane, il n’imagine pas mettre une pièce dans un parcmètre, faire griller une tranche de pain, ouvrir un pot de confiture, ni même faire chauffer une casserole. Quand on n’est pas à son chevet à son réveil, il faut laisser du lait tiédi dans un Thermos, sinon Monsieur se passe du petit déjeuner…

Jean d’O qui, entre autres curiosités, ne possède pas de GSM …

Pas de tracas matériel on vous a dit …

Au fil de ses rencontres avec l’écrivain , avec ses amis, avec ses proches, avec les femmes de sa vie évidemment, Sophie des Déserts a pu comprendre que la grande affaire de l’existence de l’auteur, ce n’est pas l’écriture, mais l’amour. Peut-être même la seule précise Jean d’O.

Et on apprend que Jean d’O n’a jamais su faire des choix.

Qu’il a toujours voulu garder sa liberté, même une fois marié.

Double vie, triple peut-être, qu’importe.

On passe tout à Jean d’O le charmeur, l’élégant, le si pétillant Jean d’O, l’écrivain, l’éditorialiste et le patron du Figaro, l’académicien, l’homme de droite qui a l’oreille des présidents. De tous les présidents : de droite évidemment. Les autres aussi. Les plus anciens comme les plus jeunes.

C’est de tout cela dont nous parle Sophie des Déserts. Avec élégance. Avec brio. Pour dresser un portrait intime, complètement méconnu de l’homme.

A travers ces pages à la fois si sombres et si lumineuses, si douces et si piquantes aussi, si drôles et tendres encore, si caustiques parfois.

Un portrait intime impossible à refermer tellement le personnage est attachant, intrigant, brillant.

Le dernier roi soleil quoi, on vous l’avait bien dit …

Sacré Jean d’O…