Devenir, Michelle Obama, Fayard

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Aujourd’hui, dans sa nouvelle vie, Michelle Obama peut glisser elle même une tranche de pain dans le toaster de sa nouvelle cuisine sans que personne ne se précipite pour le faire à sa place.

Aujourd’hui, dans sa nouvelle vie, Michelle Obama peut se préparer elle même un sandwich au fromage avec un gros morceau de cheddar, le mettre au micro-ondes, et aller le manger dans son jardin, sans prévenir personne.

Pieds nus, en short.

Aujourd’hui, dans sa nouvelle vie, subsiste juste un groupe de gardes armés, installés dans le garage de leur nouvelle maison.

Mais aujourd’hui, dans sa nouvelle vie, Michelle Obama ne peut toujours pas se promener dans la rue sans gardes du corps…

Michelle Obama, ex-première dame, locataire de la Maison Blanche avec son Barack de mari, de 2009 à 2017, diplômée de Princeton et d’Harvard, avocate, n’est pas arrivée là d’un claquement de doigts.

De la chambre qu’elle partageait avec son frère Craig dans l’appartement familial à Chicago, au parc tout proche où elle jouait au ballon, des amphithéâtres universitaires où elle est la seule femme noire de l’assistance au bureau d’un cabinet prestigieux où elle va rencontrer celui qui va bouleverser son existence, la vie de Michelle O est loin d’être un long fleuve tranquille.

Elle a choisi de raconter ce parcours peu commun en nous faisant partager de nombreux moments de son intimité. Pour que nous puissions comprendre comment elle est devenue celle qu’elle est.

« Il y a encore tant de choses que j’ignore au sujet de l’Amérique, de la vie, et de ce que l’avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m’a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier de South Side de Chicago, ils m’ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement, de l’histoire de notre pays. Même quand elle est loin d’être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l’auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. A vous de vous en emparer. »

Avec beaucoup d’audace, de franchise et de sincérité, probablement plus que toute autre 1ère dame, Michelle Obama se livre et raconte : sa vie personnelle, son couple, ses filles, la Maison Blanche.

Au final, on a entre les mains un témoignage passionnant, qui se dévore de la première à la dernière page.

Parce que son auteur a choisi une écriture sans aucune fioriture pour nous faire vivre l’envers du décor.

Simple. Claire. Efficace. Sans détour.

Sans tourner autour du pot, en appelant un chat un chat. A l’image cette femme qui n’a peut-être pas fini son parcours public …

Les soeurs Livanos, Stéphanie Des Horts, Albin Michel

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Dans la famille Livanos, il y a l’aînée, Eugénie, 18 ans.

Brune, douce, raisonnable, discrète.

Dans la famille Livanos, il y a aussi et surtout sa cadette : Tina, seize ans à peine.

Frivole, impertinente, blonde comme les blés.

Eté 46, Tina est amoureuse d’Aristote Onassis.

A l’époque, Onassis, fils d’un petit marchand de Smyrne sans le sou,  est déjà richissime : il a construit sa fortune en rachetant des bateaux démobilisés et désarmés par la marine américaine, et pour le moment, il négocie le monopole du transport du pétrole avec le Roi d’Arabie Saoudite.

Décembre 46, par un froid glacial, Tina épouse Onassis en grandes pompes.

 La soirée s’est terminée à l’aube. Cela faisait longtemps que l’on se s’était plus amusé ainsi à New York, et ça ne fait que commencer, je n’ai pas fini de brûler ma vie.

Quelques mois plus tard, le 1er novembre 1947, c’est au tour d’Eugénie de se marier.Toujours à New York.

Avec Stavros Niarchos.

L’ennemi de toujours d’Onassis.

Pour les deux sœurs, plus rien ne sera plus jamais comme avant.

Leurs maris mènent la danse. L’un est plus distingué, l’autre carrément vulgaire. Mais personne le leur résiste. Ni à l’un, ni à l’autre.

Absolument personne.

Leur personnalité, leur argent dominent le monde.

Comme leurs épouses règnent sur la jet set.

De New York à Paris, en passant par la mer Egée, ou par Saint Moritz et Monaco.

Sur terre, en mer.

Partout.

Tina et Eugénie. Aristote et Stavros. Quatre fauve qui vont se déchirer.

Cruellement, petit à petit. Inexorablement.

Derrière toute la flamboyance affichée dans les magazines de papier glacé. Malgré tout le glamour capturé par les hordes de paparazzis à leurs basques depuis toujours.

Les deux sœurs s’adorent et se jalousent à la fois.

Les conséquences ne peuvent être que désastreuses. L’amour est devenu une arme. Parfois mortelle …

C’est une véritable petite merveille que signe ici Stéphanie des Horts.

Une immersion troublante et complètement réussie dans l’intimité de ces ultra-riches si puissants.

Alors que se croisent au petit-déjeuner Jackie Kennedy, Maria Callas, Gianni Agnelli ou Marilyn Monroe.

Alors que la fortune d’Aristote et de Stavros ne fait que se développer.

Alors que leurs exigences et leurs caprices dépassent l’entendement.

Des années 40 aux seventies.

La vie de deux sœurs qui avaient tout pour être heureuses.

Absolument tout. Et pourtant …

Certains diront que l’argent ne fait pas le bonheur.

On ne peut pas leur donner tort en ce qui concerne ces sœurs Livanos.

Quels destins…

Et quel moment de lecture …

Vertigineux.

 

Le guide ultime de la belgitude, Philippe Genion, Editions POINTS

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Si vous ne savez pas ce qu’est, en vrac, et dans le désordre, un américain, de la sauce andalouse, une biesse, un cramique, une goutte, un cougnoux, une couque, une fricadelle, une douffe, une mijolle, un monnonk …

Si vous ne savez pas non plus ce qu’est un oiseau sans tête, un chicon, un pistolet, une pils, une flatte, une krolle, une rawette, une loque, un tiche, un caraboutchat, ou encore un zinneke, c’est que vous n’êtes pas du plat pays.

Définitivement.

Si les expressions « Allez », « A s’naise », « bien gentil », « evoy », « skette-braillette », « scherp », « volle gaz », « tchouler », à la « six-quatre-deux », ou « à pouf », vous font froncer le front et dresser un sourcil, c’est que vous n’avez jamais posé un orteil en Belgique.

Jamais.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Bébé Antoine, de Christiane Lenain, de Marion, et de Stéphane Steeman, de madame Chapeau, des Snuls, de Machiavel et de bien d’autres aussi, c’est que non seulement vous n’avez jamais mis les pieds en Belgique, mais que vous êtes même complètement incapables de la situer sur une carte …

Parce que la Belgique, c’est tout ça, et bien plus encore.

C’est le sucre en poudre sur le t-shirt après la gaufre de Bruxelles.

C’est la famille royale, et sans transition aucune, c’est la cassonade.

C’est Lou, Marcel, Plastic et les autres, les premières moules, le Meyboom et le carpaccio de Maredsous.

C’est le Grand Jojo et les chokotoffs.

C’est essayer d’écouter le discours royal du 21 juillet en s’enfilant tout le sachet de cuberdons.

C’est l’été, la pluie, les doigts dans la sauce des frites.

C’est évidemment les Diables Rouges. Avec Luc, Eddy et Roger.

C’est le taux de trempage du spéculoos ou les caricoles de la foire du Midi.

C’est l’enterrement de Mati l’Ohé et le Doudou, Marc Aryan et les tambours du carnaval.

C’est Toots.

C’est se moquer des hollandais, des luxembourgeois. Des français aussi, sinon, ce ne serait pas drôle.

Enfin, la Belgique, c’est aussi ses barakis, ses truculents barakis, à côté de qui Jeff Tuche se verrait décerner un prix Nobel.

C’est tout ça la Belgique, sous la plume délicieuse de Philippe Genion.

POINTS a eu la bonne idée de rééditer « Comment parler le belge », « l’Inventaire des petits plaisirs belges » et « l’Encyclopédie du baraki » en les regroupant dans ce guide ultime de la belgitude.

C’est drôle.

Très drôle.

Sortez vos mouchoirs, vous allez pleurer.

De rire.

Par les temps qui courent, c’est précieux, ça n’a même pas de prix.

 

Almanach Pop Rock 2, Eric Laforge, Racine

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Un almanach me direz-vous ?

Oui, mais sans aucune recette de cuisine, sans aucune astuce à la c.. pour nettoyer votre bouilloire entartrée, sans aucun conseil pour vous apprendre à composter en 10 leçons ou à jardiner avec la lune, sans horoscope non plus pour vous dire quand jouer (et perdre) au Lotto.

Un almanach POP ROCK …

Qui dépote sa mère.

Qui fait qu’on se lève plus tôt pour aller lire la page du jour…

Rien que ça.

C’est Eric Laforge qui signe le pavé.

Eric Laforge de Classic 21, le King des matinales FM, a accepté de reprendre la plume pour vous proposer, deux ans après le succès du premier, un deuxième almanach lui aussi bourré d’infos inédites.

Pour chaque jour de l’année, on trouve différentes rubriques, qui développent, en vrac, l’histoire du jour, le disque à écouter, une citation, les naissances, les disparitions, ce qui s’est passé ce jour-là, bref, tout un tas d’infos, plus de 4000 en tout, parfois très insolites.

Des milliers d’anecdotes qui, d’une certaine manière explique Eric Laforge, racontent l’histoire de la musique populaire depuis l’émergence du rock dans les années 50 jusqu’à nos jours.

« Il est surtout question de rock, mais aussi de pop, de funk, de blues, de reggae, de rap, etc. Ces milliers d’anecdotes, je ne les ai pas vécues, ( … ),  mais elles sont toutes extraordinaires. »

Et elles sont à découvrir dans cet almanach.

Un recueil de milliers infos donc, toutes vraies : Eric Laforge explique qu’il a passé un temps fou à vérifier la véracité de chaque anecdote  : que ce soit dans des magazines, lors d’interviews ou sur le net. Un vrai travail de moine.

Alors, comment les lire ?

Vous avez le choix : soit vous vous réservez une page jour après jour, soit, vous êtes incapables de vous retenir et vous les parcourez d’une manière plus compulsive, en lisant l’almanach comme n’importe quel autre bouquin, en écoutant ou en ré-écoutant tous les morceaux et les artistes dont il est question à travers ces 383 pages.

Mais quelle que soit la manière que vous choisirez, ça va être une belle journée.

Que Laforge soit avec vous .

Sous le sapin.

L’atelier, Arnauld Delheille, Racine

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Inutile de vous rappeler les paroles de la chanson de Laurent Voulzy sur le pouvoir des fleurs, on les a encore toutes en tête …

Les fleurs, qui attirent, qui passionnent, et qui désolent voire désespèrent parfois aussi celles et ceux qui n’ont pas ou qui sont convaincus de ne pas avoir la main verte…

A vous qui pensez que vous n’arriverez jamais à rien un sécateur à la main, ce petit bouquin est pour vous. Une vraie petite merveille.

Il vous redonnera toutes les raisons d’espérer …

En 110 pages, Arnauld Delheille, qui est un des jeunes fleuristes qui monte actuellement en région namuroise, vous propose une cinquantaine de compostions florales qui devraient faire votre bonheur.

En mariant les couleurs, les équilibres et la grâce du végétal, Arnaud Delheille est à la recherche perpétuelle de nouveaux assemblages privilégiant essentiellement la fleur. Avec un F majuscule.

Rose, orchidée, oeillet, hortensia, camomille, dahlia, giroflée, alchémille, statis, delphinium, chrysanthème, viburnum et tant d’autres encore, sont les stars de ces compositions que vous pourrez refaire à la maison.

Si. Vous y arriverez sans problème même.

Puisque, non seulement ces compositions sont sublimement photographiées par Jérôme Puissant, grâce aux conseils prodigués par Arnauld Delheille, vous pourrez sans souci reproduire vos montages préférés.

A chaque page, vous trouverez le détail du matériel nécessaire et les gestes à poser pour arriver au résultat de la photo que vous avez sous les yeux.

Vous n’aurez ainsi que l’embarras du choix, selon vos goûts et selon les saisons.

A vous la réalisation de milieux de table, de couronnes, de coeurs, d’étoiles, de paniers, de bouquets, de spirales …en suivant pas à pas les conseils d’Arnaud Delheille.

Vous n’aurez plus aucune excuse …

Le Bureau des légendes décrypté, Bruno Fuligni, L’Iconoclaste

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C’est peut-être votre série préférée : depuis avril 2015, Canal + en France, Be Tv et la RTBF chez nous, en Belgique, et tout un tas d’autres chaînes de télé, ailleurs dans le monde,  diffusent « Le Bureau des légendes ».

En tout, les aventures de Malotru, de Moule à gaufre, de Marina et de leurs camarades sont visibles dans une centaine de pays.

Du monde donc pour plonger dans l’univers très secret des services de renseignement français.

Afin d’offrir une série on ne peut plus réaliste, son créateur, Eric Rochant, qui signe d’ailleurs la préface de cet ouvrage, s’est beaucoup documenté.

L’objectif était clair : brouiller les pistes entre fiction et réalité. Et la réussite est totale.

Eric Rochant qui explique que « Le Bureau des légendes  ne dit la vérité que sur ses personnages et à travers eux sur nous-mêmes. Car les agents de notre DGSE réaliste et fictive sont nous, et nous sommes eux. Ils sont rationnels, ils ont du bon sens, ils ont des angoisses. Ils nous ressemblent … »

Bruno Fuligni, lui, n’est pas réalisateur, mais historien du renseignement.

Il a passé la série au crible, pour la décrypter complètement et mettre en lumière toutes les références à des histoires vraies ou à des techniques effectivement utilisées par les services de renseignement.

Bruno Fuligni qui a eu accès à de très nombreux documents, à des photographies, et même des manuels de formation des services secrets français, a également pu consulter les principaux fonds d’archives des renseignements de la République.

Et le résultat, à l’instar de la série, est bluffant.

Ce manuel propose de prendre quelques leçons d’espionnage.

Au départ des services français, et des relations avec les homologues étrangers, vous apprendrez ce qu’est une « centrale », comment fonctionne le cycle du renseignement, ce qu’est un clandestin, quelle est la place des femmes dans les SR.

Vous verrez comment il convient de couper une filature, comment manipuler des agents, comment dissimuler des messages.

Vous saurez également que faire en cas d’arrestation, comment vous pourriez éventuellement tromper le polygraphe, ou encore comment « sonoriser » l’adversaire, comment manipuler sur internet … et bien d’autres choses encore.

Dix-huit leçons en tout, absolument passionnantes, qui vous emmèneront bien loin de votre quotidien, là, derrière la fiction, pour découvrir la réalité d’un univers dangereux et secret : celui des espions.

Si la série est une des plus belles réussites de la télé, le bouquin n’est pas en reste.

Si vous ne l’avez pas encore lu, demandez qu’on vous l’offre sous le sapin.

Ou plus simple encore, faites-vous un cadeau.

Ce serait dommage de passer à côté.

Ils se sont tant aimés, Léna Lutaud, Albin Michel

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Sur les dizaines, que dire, sur les centaines de photos publiées par la presse people, tout le monde a toujours pensé que la famille Hallyday respirait le bonheur.

On croyait que le courant passait bien entre Laeticia et ses beaux-enfants David et Laura. Ils s’affichaient proches et souriants sur les réseaux sociaux.

Des images glamour qui faisaient rêver, qui faisaient envie parfois … Tiens, une famille recomposée où il n’y a pas de problème… Ces gens-là sont unis, ils s’aiment … Comme c’est beau…

Mais ça, c’était avant …

Avant le décès de la star. Avant le décès du patriarche.

Et, à y bien regarder, il y avait quelques années déjà que tout n’était plus si rose entre les membres de cette famille pas vraiment comme les autres.

Depuis décembre 2009 en fait …

Rappelez-vous. A l’époque, Johnny n’écoute pas les consignes des médecins qui viennent de l’opérer d’une hernie discale.

Son état se dégrade très vite et très fort. On décide alors de le plonger dans un coma artificiel, pour lui éviter de souffrir, pour essayer de le sauver.

Durant des jours et des jours, la France vit au rythme des publications des bulletins de santé de la star hospitalisée à Los Angeles.

Tout le monde se presse à son chevet : un peu comme si une couverture complète de Voici se retrouvait dans les couloirs de l’hôpital ou dans la chambre de la star.

« Arrivé de toute urgence de Paris, David s’emporte et impose le vide autour de son père. Au risque de se fâcher durablement avec Laeticia … »

Johnny se remet doucement, et très conscient que ce staphylocoque doré aurait pu l’emporter outre-tombe.

Dans son couple, il semblerait que les rapports s’inversent. « Laeticia, qui avait l’habitude de lui obéir, prend le pouvoir. Producteur, attachées de presse, photographe … l’entourage valse. »

Depuis 2009 donc, les rapports ne sont donc plus au top dans la famille H  … Tellement plus au top que Johnny est parfois obligé de voir sa fille Laura en cachette pour ne pas s’attirer les foudres de son épouse …

Mais les véritables hostilités commencent quelques semaines après l’enterrement. Sept précisément. Le 25 janvier dernier, quand Laura, qui n’a aucune nouvelle de sa belle-mère, est inquiète, et poste un message sur Instagram. Un message que Laeticia pourrait mal interpréter : « The harder the battle, the sweeter the success ».

Le feu est allumé …

« Laura est persuadée que, comme souvent avec elle, son père a fait les choses en cachette de Laeticia et lui a légué quelque chose sans le dire à son épouse. David, lui, ne connaît pas non plus exactement les dispositions prises par son père… »

Laura et David qui vont tomber de leur chaise : les différents testaments de Johnny enfin transmis à leurs avocats, ils se rendront compte qu’ils sont tous les deux complètement déshérités, et que leur père a tout laissé à Laeticia, selon les possibilités offertes par le droit américain grâce à des montages financiers dans ces fameux trusts californiens.

En clair, ce sont des dizaines de millions d’euros qui leur passent sous le nez, la succession est estimée à plus de 100 millions d’euros : les luxueuses maisons de Johnny, en France et à l’étranger, mais aussi les droits musicaux et artistiques, tout, absolument tout revient à Laeticia. A elle seule…

Pour les enfants de Johnny, le choc est rude. Leur réaction sera à la hauteur de leur désespoir. Ils engagent les meilleurs avocats de Paris pour retrouver leurs droits, et leur héritage.

La guerre est déclarée.

A chacun de choisir son camp dans cette saga dont tout le monde parle et qui a des relents de tragédie grecque.

Cette saga que tout le monde lit aussi, parfois en cachette c’est vrai, dans les magazines people.

Ici, plus question de se cacher pour lire, c’est du sérieux et du costaud.

Léna Lutaud, qui signe « Ils se sont tant aimés », est grand reporter au Figaro.

Depuis des années, elle enquête sur le rocker et son patrimoine.

Aujourd’hui, elle dévoile les dessous d’un système opaque sur lequel règne le clan de Laeticia, le clan Boudou.

Laeticia, beaucoup moins fauchée qu’elle ne le clame depuis quelques mois. Laeticia qui en quelques semaines réussira la performance de passer du statut de veuve exemplaire et éplorée, à celui nettement moins reluisant de veuve noire.

Laeticia qui va aussi devoir se justifier devant le fisc français à l’affût de la moindre information qui pourrait l’aider à se faire rembourser l’ardoise colossale du taulier.

La succession de Johnny, bien plus qu’une simple querelle d’héritage ou qu’une guerre de clans : pour la première fois, de nombreux intervenants s’expriment sur cette affaire qui prend des proportions incroyables.

Mieux qu’un roman, l’héritage de Johnny H.

Si vous ne lisez qu’un seul ouvrage sur l’affaire, c’est celui-ci.

Un vrai petit bijou. Plus que passionnant.

Nos premiers jours, Jane Smiley, Rivages poche.

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Quand tout commence, en 1920, la grande guerre vient de finir.

Après tant de malheurs, tous les espoirs sont permis.

Pour tout le monde.

Walter Langdon, vingt-cinq ans, et son épouse, Rosanna, n’attendent qu’une seule chose : que la ferme et les terres qu’ils viennent d’acheter, dans l’Iowa, puissent assurer leur avenir et celui de Franck, leur bébé.

Parce que Walter compte bien s’affranchir de son père qui a la furieuse manie de tout vouloir contrôler, et parce que le bâtiment compte quatre chambres : de quoi pouvoir envisager sereinement d’agrandir la famille, en vivant des cultures et de l’élevage.

Et très rapidement, la famille salue la naissance de plusieurs enfants : autant de joie, mais aussi autant de bouches à nourrir, alors que la Grande Dépression qui frappe les Etats-Unis de plein fouet va avoir des conséquences sur le quotidien des Langdon pendant des années.

Walter travaille dur. Très dur. Il ne ménage pas sa peine pour que les siens ne soient pas dans le besoin.

Et lui mieux que personne sait que cette vie au grand air ne présente pas que des avantages.

Mais le couple s’accroche, les enfants grandissent, et personne ne voit le temps passer dans cette saga familiale que vous aurez beaucoup de mal à lâcher.

Ce premier tome de la trilogie, que Smiley a nommée « Un siècle américain », vous emportera dans l’Histoire à travers ses personnages auxquels on s’attache directement.

Des personnages qui évoluent comme leur pays.

Avec eux, nous traversons tous les grands épisodes que les Etats-Unis ont connus : après la Grande dépression, la guerre 40-45, ses conséquences politiques, le communisme, la place des femmes et leur difficile émancipation, mais aussi des épisodes plus personnels, comme celui de vouloir prendre le contrôle de son propre destin, et ne pas laisser les autres décider à votre place, ne pas laisser la filiation et le poids du passé compromettre votre propre avenir…

Il y a tout ça et bien plus encore dans ce magnifique roman qui parcourt 33 années de l’existence du couple Langdon et leurs enfants : une année relatée par chapitre.

Et c’est une véritable performance de Smiley qui, par son style incroyablement sobre et fluide, permet d’entrer dans l’intimité de chaque personnage.

Smiley qui est incontestablement une des meilleures auteures de sa génération dans la littérature américaine. Si vous ne la connaissez pas, foncez.

Quand on referme « Nos premiers jours », on n’a qu’une envie, celle de se plonger directement dans la suite : « Nos révolutions », paru chez Rivages.

Maria Vittoria, Elise Valmorbida, Editions Préludes.

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Nous sommes en 1923, dans un petit village reculé des Dolomites, en Italie.

Il ne reste que très peu d’hommes dans le hameau : ils sont presque tous morts durant la Grande Guerre.

C’est là que vit, avec toute sa famille, Maria Vittoria, une belle jeune femme.

A 25 ans, elle est toujours célibataire, au grand désespoir de ses parents.

« Si elle n’a pas la bague au doigt cette année, elle ne l’aura jamais » disent-ils, et sa mère lui promet d’ailleurs qu’elle finira sorcière si elle ne se marie pas.

C’est dans ce contexte que Maria fonde beaucoup d’espoirs quand son père part lui trouver un époux.

En s’appliquant à broder les pièces de son futur trousseau, elle pense à ce que pourrait être sa vie s’il réussissait à lui trouver un mari.

Et le père finit par revenir, quelques jours plus tard.

Avec Achille. « Il est beau, il a les yeux bruns, la peau lisse, une bouche surmontée d’une moustache… »

Achille à qui Maria devra montrer ses dents, un peu comme un cheval, alors que sa mère continue à vendre  les atouts de sa fille en précisant qu’elle n’est jamais malade, n’a pas de faiblesse dans le sang, qu’elle travaille dur et qu’elle est bonne cuisinière.

Maria, qui n’aura pas d’autre choix que de laisser son père et son futur époux décider des termes de la noce, se retrouve donc mariée.

Mais pas question de se laisser aller au romantisme. Il faut travailler dur pour gagner sa croûte, et élever les enfants qui arrivent très vite.

Le couple décide alors de partir s’installer dans la plaine, dans un bourg dix fois plus grand que celui où Maria a vécu jusqu’à présent, et de reprendre une épicerie.

Les années passent, les enfants grandissent. Les affaires vont plutôt bien.

Maria pourrait être heureuse et satisfaite de son existence aux côtés de son mari, même s’il n’est pas toujours facile à vivre.

Mais c’est tout autre chose qui la tracasse : dans l’ombre, le fascisme s’installe un peu partout dans le pays. La menace d’un nouveau conflit mondial est à nouveau présente.

Cela devient très difficile pour le couple de satisfaire les clients : il n’y a plus grand chose à manger, nulle part. Même se chauffer devient très compliqué …

Et ce n’est qu’un moindre mal : Achille est arrêté pour avoir volé dans les réserves de la commune afin de pouvoir proposer des marchandises à ses clients.

Pour cela, il semble qu’il risque la peine de mort.

Le seul qui pourrait le sauver de ce très mauvais pas, c’est le cousin de sa femme. Un fasciste notoire.

Dans cette Italie qui connaît les heures les plus noires de son histoire, jusqu’où Maria est-elle prête à aller pour sauver son époux, sa famille, son honneur ?

C’est à lire dans ce très très beau roman. Le premier d’Elise Valmorbida publié en français.

Un magnifique portrait de femme à la fois si forte et si soumise.

Une femme droite dont le courage n’a aucune limite à une époque si trouble et si dure pour le sexe féminin, dans une Italie souvent méconnue.

On ne peut qu’être touché et ému par la personnalité de Maria, par son histoire et par l’écriture très juste de l’auteur. Une écriture qui ressemble aux personnages du roman. Sobre, directe, sans aucune fioriture.

Le très sérieux Times parle d’un roman ensorcelant. Il n’a pas tout à fait tort. Il a d’ailleurs décerné à « Maria Vittoria » le prestigieux titre de « livre du mois » lors de sa sortie aux Etats-Unis.

Good Morning, Mr. President, Rebecca Dorey-Stein, Editions NiL

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A 26 ans, au printemps 2011 , après 4 années d’études universitaires pour être professeur d’anglais, Rebecca n’a pas encore fait grand chose de sa vie.

Sans boulot fixe, ni projet concret, il va bien falloir qu’elle se secoue un peu si elle veut pouvoir continuer à payer le loyer de sa colocation à Washington.

Même si elle cumule cinq emplois très mal payés et complètement précaires, ses économies fondent à vue d’oeil, et l’horizon est plutôt sombre pour la jeune femme.

Sans trop d’espoir, elle répond à une petite annonce : à première vue, une offre d’emploi pour un poste de sténo-dactylo dans un cabinet juridique.

Quelques jours plus tard, alors qu’elle vient de louper le rendez-vous avec la personne qui engage, elle reçoit le message suivant : « Par souci de transparence, je tiens à vous informer qu’il s’agit d’un poste à la Maison Blanche et que vous seriez amenée à voyager aux côtés du président à la fois aux Etats-Unis et à l’étranger. Dites-moi si cela change quelque chose pour vous. »

Et Rebecca apprend très vite de quoi il s’agit : il faudra enregistrer les interviews, les séances d’information, les conférences de presse et les discours, et puis les taper.

Non, il ne faudra pas taper en direct, et non il ne faut pas connaître la sténo. « La discrétion et la précision sont plus importantes que la vitesse. »

En fait, Rebecca devra, plus ou moins, suivre le président Obama dans tous ses déplacements, pour alimenter les archives présidentielles.

Inutile de dire qu’elle s’empresse d’accepter le poste.

Même si elle pense qu’il ne s’agit pas du job du siècle, même si elle va gagner sa vie en tapant des textes, Rebecca commence tout doucement à se rendre compte qu’elle va vivre des moments historiques aux côtés de POTUS, the President Of The United States, et que surtout, elle va être payée pour ne pas parler, ce qui dans son cas sera un véritable exploit.

Direction donc la Maison Blanche pour devenir l’ombre du président, enregistreur et micro à la main.

Très vite, Rebecca va se faire à sa nouvelle vie, entre deux points presse ou entre deux voyages au bout du monde à bord d’Air Force One.

« Je repère mon siège. Dans le porte-gobelet, un petit carton indique en lettres bleues : « Bienvenue à bord d’Air Force One, mademoiselle Dorey-Stein. » Je n’en reviens pas que ce soit ma vie. J’adore ma place près du hublot. A côté du mien, il n’y a qu’un siège… Les sièges peuvent s’incliner horizontalement. Et j’ai toutes les prises nécessaires à mes pieds. Sur la tablette devant moi, je trouve la presse du jour plus un petit plateau de friandises … »

Les mois passent, les années aussi : des années complètement folles pour la jeune femme qui ne voit pas le temps passer.

Elle qui carbure à présent à l’adrénaline, à l’autodérision, et à la vodka parfois, pour décompresser et oublier qu’elle a laissé sa vie personnelle sur le côté…

C’est une incroyable plongée dans les coulisses de la présidence Obama que nous propose Rebecca Dorey-Stein. Rebecca Dorey-Stein qui a démissionné de son poste, deux mois après l’arrivée de Donald Trump.

Avec beaucoup d’humour, de lucidité, et de talent, il faut le reconnaître, elle réussit à faire en sorte qu’on endosse nous-mêmes ce rôle de sténo pour découvrir les rouages de la politique américaine.

Et on comprend mieux pourquoi « Good morning Mr President » a été si bien accueilli par la critique aux Etats-Unis.

Le New York Times parle de « Bridget Jones à la Maison-Blanche ». Il y a un peu de ça, c’est vrai.

Et c’est probablement dû à la personnalité de Rebecca, qui au départ ne devait pas trop correspondre à la fonction recherchée.

Et puis ici, autant prévenir tout de suite, pas question de se prendre la tête : il ne s’agit pas de mémoires politiques, mais bien du quotidien d’une des assistantes de l’ombre du président : de sa vie à elle, de son ressenti personnel, de ses attentes, de ses espoirs. Rien d’autre.

Juste que ce quotidien assez exceptionnel, par la personnalité du boss de Rebecca, nous permet de nous glisser dans cet endroit qui nourrit tant de phantasmes et dont les coulisses restent si méconnues du grand public.

Tout est vrai dans ce qu’elle a écrit. A quelques noms et quelques traits de caractère près.

Rebecca Dorey-Stein explique qu’elle a dû utiliser quelques pseudonymes pour qu’on ne puisse pas identifier certaines personnes et pour protéger la vie privée d’autres.

Vous ne lâcherez pas le récit de Rebecca Dorey-Stein une seconde.
Il se lit comme un roman. Un très bon roman.