Les initiés, Thomas Bronnec, Folio Policier

Les-inities

Christophe Demory, énarque, est le directeur de cabinet de la très populaire ministre de l’Economie, Isabelle Colson.

Le jeune homme se noie dans le travail, peut-être pour oublier que sa vie privée est un désert depuis le suicide de sa compagne, Nathalie Renaudier, énarque elle aussi,  redoutablement brillante et inspectrice des finances.

Quand elle a choisi de quitter ce monde, Nathalie travaillait à la rédaction d’un rapport sur le plan que Bercy avait mis sur pied pour sauver les banques françaises en 2008, lors de la crise des subprimes, au moment de la chute de Lehman Brothers.

Aujourd’hui, même si le monde politique pense que la sortie de la crise est toute proche, le Crédit parisien serait au plus mal.

D’après les spécialistes,  la situation serait même catastrophique : la plus grande banque de l’Hexagone pourrait bien entraîner tout le pays dans sa chute, ni plus ni moins. Elle a donc besoin une fois encore du soutien de l’Etat pour faire face …

Et il y a urgence.

Un soutien qu’Isabelle Colson, au top dans les sondages, n’est pas prête à  lui accorder. Isabelle, le symbole de cette gauche revenue au pouvoir, ne veut pas donner l’image de celle qui va s’écraser et tout donner aux banques.

Une attitude qui suscite bien des grincements de dents chez les technocrates dans les couloirs du paquebot Bercy.  Ce n’est pas la découverte du corps de Stéphanie Sacco, que tout le monde croyait morte depuis longtemps, retrouvé dans la cour de l’Hôtel des ministres qui va arranger les choses et apaiser les tensions.

Stéphanie Sacco avait, elle aussi, bossé à la rédaction de ce fameux rapport …

Pour Christophe, il n’y a plus qu’une seule chose qui compte à présent, savoir pourquoi les deux jeunes femmes sont mortes, alors que sa ministre commence la traversée d’une zone de turbulences …

L’écriture est vive, pointue, la construction incroyable. On pourrait se croire dans un documentaire.

Thomas Bronnec, journaliste de profession,  signe ici un polar financier incontournable, une passionnante plongée dans les souterrains de l’économie et de la finance, ce monde complètement inconnu du grand public, ou comment les élites essaient parfois de s’arranger entre elles …

Un polar financier qui interpelle d’autant plus depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée : lui l’énarque, l’ancien inspecteur des Finances, l’ancien banquier d’affaires,   l’ancien ministre de l’Economie, lui qui a été le maître de  ce Bercy nébuleux à souhait …

 

 

 

 

L’espion anglais, Daniel Silva, Harper Collins POCHE

9791033900573

Gustavia, le principal bourg de Saint-Barth, dans les Antilles.

Un vrai paradis sur terre.

C’est de là qu’embarquent sur l’Aurora, un yacht grand luxe, quelques passagers triés sur le volet.

Parmi eux, une princesse britannique, mondialement connue, fraîchement divorcée du probable futur roi d’Angleterre, quelques-uns de ses amis, et le nouveau chef cuistot, que le commandant vient de recruter à terre.

Des invités qui auront à peine l’occasion de profiter des installations et de la beauté du paysage : dans la nuit, le yacht explose, il est complètement désintégré par une bombe. Les secours ne retrouvent quasi rien du bateau, encore moins de ses passagers et de son illustre princesse.

C’est la stupeur au Royaume Uni, où la population est complètement bouleversée par la mort de cette femme qu’elle adorait.

Du côté des forces de l’ordre, c’est le branle-bas de combat, mais le patron du MI6, les services de renseignements extérieurs britanniques, semble impuissant face à cette enquête pour le moins délicate. Et il n’a pas d’autre choix que de faire appel, très discrètement, à Gabriel Allon, l’espion qui est sur le point de prendre la tête des services secrets israéliens et qu’on avait connu précédemment notamment dans « L’affaire Caravaggio ».

L’homme a des méthodes pas vraiment orthodoxes, mais il est réputé pour son efficacité. Il est surtout le seul qui pourra traquer sans aucun état d’âme, cet ancien membre de l’IRA qui est suspecté d’avoir commis l’attentat.

Et le temps presse : Londres est à nouveau la cible de terroristes. Cette fois, c’est une voiture qui explose en plein quartier commerçant. On compte des dizaines de morts. Des centaines de blessés.

Il faut agir …

Daniel Silva mêle avec beaucoup de réussite, des faits qui se sont réellement produits et des situations qui sortent de son imagination sans faille, ce qui renforce encore le suspense du roman.

Un roman impossible à lâcher une fois que vous l’avez commencé : plus de 500 pages qui vous emmèneront dans l’univers fascinant des espions et des agents secrets.

Les amateurs de géopolitique vont adorer.

Elle voulait juste marcher tout droit, Sarah Barukh, Albin Michel

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En 1943, la petite Alice a cinq ans. Elle vit à la campagne, dans un petit village des Pyrénées, dans la ferme de sa nourrice.

En pleine guerre, son quotidien n’est pas toujours simple, et il y a beaucoup de choses qu’elle ne comprend pas. D’abord pourquoi sa maman l’a abandonnée. Ensuite pourquoi certaines de ses amies la rejettent à l’école…

Pour toute réponse à ses questions, Jeanne, la nourrice lui répond  »parce que c’est la guerre » ou  »tu comprendras plus tard ».

Et plus tard finit par arriver …

En 1946, alors qu’Alice désespère de revoir sa maman, celle-ci arrive à la ferme. Mais Diane est bien différente de celle des souvenirs de la petite fille. Diane et son mystérieux tatouage  sur le bras dont elle ne parle absolument jamais…

Mère et fille se rendent à Paris. Une nouvelle vie commence pour Alice qui s’installe dans un atelier de confection là où vit déjà Marcel, un homme qu’elle n’a jamais vu et qui se rend tous les jours au Lutétia pour consulter des listes …

Et Alice se met à regretter sa nourrice… Parce qu’elle ne peut pas vraiment compter sur la chaleur et la tendresse de sa maman. Diane reste désespérément triste et lointaine.

Heureusement, la fillette réussit à surmonter toutes ces difficultés grâce à son nouvel ami, son voisin, Jean.

Jusqu’au jour où Diane tombe malade : les services sociaux envoient la fillette chez son père …à New-York…

Un premier roman qui se lit avec beaucoup de plaisir, malgré la gravité du sujet. Les personnages sont justes et émouvants.

L’écriture fine et sensible de Sarah Barukh permet de se glisser dans la peau de cette petite fille qui grandit avec un passé lourdement chargé. 

Avec elle, on a envie de connaître le futur, dont on devine qu’il ne sera que meilleur, malgré le poids de l’Histoire, malgré les secrets de famille.

A lire sans traîner …

La Présidente, tome 3. La vague. François Durpaire, Laurent Muller, Farid Boudjellal, Les Arènes BD-Demopolis

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Depuis qu’on a lu  »La Présidente », et « Totalitaire », les deux premiers tomes de cette trilogie, (en faisant abstraction du choc que ça a causé),  on sait qu’en mai 2017, Marine Le Pen a été élue première présidente de la République française.

On sait aussi que certains citoyens ont décidé d’entrer en résistance face aux premières mesures qu’elle prend, avec ces arrestations et expulsions massives de clandestins, ces fiches d’informations sur chaque citoyen, mais aussi les mesures économiques comme la sortie de l’euro et ses conséquences désastreuses pour la population…

Il ne faut pas longtemps pour que le pouvoir d’achat s’effondre, et que le nombre de chômeurs explose … bref, la situation est absolument catastrophique dans tout le pays durant tout le quinquennat.

En décembre 2021, à cinq mois des présidentielles de 2022, Marine Le Pen n’est pas vraiment en bonne posture : elle est quand même réélue, sur le fil.

Mais un attentat à Lourdes fait des centaines de morts parmi les pèlerins.

L’attaque chimique est revendiquée par des terroristes se présentant du Califat islamique.

En même temps, la rivalité entre Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen n’a jamais été aussi grande. La révélation d’une énorme fraude électorale permet à celle-ci de pousser sa tante à la démission.

Marion Maréchal-Le Pen devient donc la deuxième femme Présidente de la République et on continue dans l’anticipation cauchemardesque …

La suite, vous la découvrirez en dévorant cette BD qui fait froid dans le dos.

Imaginez-vous vivre dans un pays où la loi martiale a été rétablie.

Imaginez-vous vivre constamment surveillés et fliqués par les services du gouvernement…

Comment résister à ce monde où les géants du Web s’allient avec Trump, Poutine et Le Pen pour punir toutes celles et ceux qui tentent de leur faire face…

L’impensable il y a encore quelques mois devient réalité …

A lire de toute urgence avant le scrutin présidentiel de dimanche prochain en France …

Si vous ne lisez qu’une BD par an, c’est celle-ci.

Efficace et terrifiante.

Au secours.

 

Ragdoll, Daniel Cole, La Bête Noire, Robert Laffont

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En mai 2010, la foule se presse à la Haute Cour Criminelle de Londres pour entendre le  verdict d’un procès qui est censé envoyer en prison pour des dizaines d’années un serial killer de la pire espèce : 27 victimes en 27 jours,

Mais au moment du prononcé, c’est un  »non coupable » qui sort de la bouche du président du jury.

Stupéfaction dans l’assemblée. C’est à ce moment là que Wolf, le flic qui a mené toute l’enquête, bondit vers le banc des accusés et agresse violemment celui qui vient d’être acquitté Naguib Khalib.

Inutile de préciser que ce genre de choses ne se fait pas même quand on est un des meilleurs de la Metropolitan Police de Londres .Wolf va l’apprendre très vite.

Ecarté par sa hiérarchie, envoyé en hôpital psychiatrique, il a pour obligation de se soigner s’il veut espérer un jour reprendre son boulot…

Quatre ans plus tard, alors qu’il vient tout juste d’être réintégré, Wolf est appelé sur une scène de crime en bas de l’appartement qu’il a été obligé  de louer, après un divorce douloureux.

Ce qui l’attend là dépasse l’entendement : un  »cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées, probablement tronçonnées à la scie à métaux, le tout assemblé par de grossiers points de suture : une horreur qu’il va falloir éclaircir au plus vite parce que cette macabre découverte n’est que le début du cauchemar pour les forces de l’ordre. Un cauchemar que la presse surnomme  »Ragdoll », la poupée de chiffon…

Très vite, une journaliste, l’ex de Wolf, reçoit les photos des victimes, accompagnées par  une liste de 6 noms : les 6 prochaines cibles et la date de leur mort …

Le premier nom est celui du maire de Londres, le dernier, celui de Wolf …

Quand le maire, pourtant mis sous protection rapprochée, meurt dans d’atroces souffrances sous les yeux des flics, on se dit que l’enfer n’est pas loin …

Vous avez dans les mains probablement le meilleur du genre pour le moment. Le meilleur thriller policier de l’année en tout cas, du genre de celui qu’on n’oublie pas.

L’écriture est vive, la traduction impeccable, l’histoire drôlement bien ficelée.  Le suspense garanti jusqu’aux dernières pages. Que demander de plus ?

Pour un premier roman, le britannique Daniel Cole, qui était ambulancier dans une vie antérieure, signe ici un coup de maître. Evidemment que son ouvrage n’est pas passé inaperçu : les droits ont déjà été achetés en vue d’une adaptation en série TV.

Et il se dit que Cole serait peut-être bien en train d’écrire une suite … ce serait juste fabuleux …

 

 

 

Surtensions, Olivier Norek, Pocket

IMG_5584.PNGComment cinq criminels, à savoir un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire sanguinaire serbe, un kidnappeur et un braqueur arrivent-ils à se retrouver dans la même histoire ?

C’est la question que se pose le capitaine de police Victor Coste.

Le flic n’est pas vraiment en grande forme, et ce n’est pas le travail qui manque. Il va falloir se concentrer pour protéger son équipe des emmerdes dans lequelles, curieusement, il fonce tête baissée, mettant même en danger toutes celles et ceux qui comptent le plus pour lui …

Pour la troisième fois, on retrouve Victor Coste, dans un thriller saisissant de réalisme. Il faut dire que son auteur, Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93, soit le service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.

Aujourd’hui en diponibilité, Norek sait de quoi il parle : les truands, les prisons, les avocats pourris, les banlieues …  tout cela constitue son univers, rendu magistralement par son écriture.

Autant vous prévenir tout de suite, la construction de son 3ième roman est redoutablement terrifiante. Inutile aussi de préciser que vous ne saurez pas passer à autre avant d’avoir lu la dernière page …

Les innocents, Robert Pobi, Collection Points

img_5041Alexandra Hemingway n’est pas le genre de flic qui a froid aux yeux. Son corps porte d’ailleurs toujours de nombreuses traces et cicatrices d’enquêtes précédentes.

Hemi, comme ses collègues l’appellent, est plutôt une dure. Depuis sept ans à la Crim de New York, la jeune femme est une enquêtrice de choc, parfois un peu borderline. Ça tombe bien car cette fois l’affaire qu’on lui a confiée dépasse tout ce qu’on peut imaginer dans les noirceurs de l’âme humaine.

Tout commence avec la découverte du cadavre d’un jeune garçon, retrouvé dans les eaux de l’East River…les pieds sectionnés. Un cadavre, puis un deuxième, un troisième … Tous mutilés. Des gamins qui proviennent de milieux très aisés, qui fréquentent des écoles huppées et qui, curieusement, se ressemblent assez.

Le début de l’enquête permet à Hemi et son coéquipier de retrouver la trace d’un suspect déjà condamné pour pédophilie il y a une trentaine d’années.

Quand ils arrivent chez lui, c’est pour le découvrir fraîchement et complètement démembré … les morceaux disséminés un peu partout dans l’appartement…

Quand les policiers ouvrent le congélateur, c’est pire encore : l’horreur absolue … Et ce n’est que le début …

Alors que la presse commence à se déchaîner et que la panique s’empare de tout Manhattan…

Avec « les Innocents », Robert Pobi confirme tout le bien qu’on pensait de lui après « l’Invisible » paru en 2012, en nous proposant ce thriller de très haut vol, cauchemardesque, redoutablement construit.

Un régal pour les amateurs du genre.

Âmes sensibles, passez votre chemin.

Celle qui fuit, celle qui reste, Elena Ferrante, Gallimard

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On l’attendait avec beaucoup d’impatience.

Et elle est là, enfin, cette suite, à la hauteur de toutes nos espérances.

Sans baisse de rythme, avec une histoire toujours aussi forte et prenante.

Il a juste fallu ralentir la cadence de lecture pour ne pas avoir fini le roman en deux jours, tellement Ferrante nous emporte encore une fois avec elle.

Dans ce troisième tome, à la fin des années 60, l’Italie commence  à être secouée par des mouvements protestataires, politiques, syndicaux, féministes aussi. C’est là que nous retrouvons les deux amies d’enfance, Lila et Elena.

Lila Cerrulo, celle qui est restée à Naples, dans le quartier miséreux où elle a grandit, travaille à présent dans une usine de salaisons, pour y gagner une misère, et s’y ruiner la santé, mais elle n’a pas vraiment le choix : elle doit gagner sa vie pour élever son fils.

Elena Greco, celle qui a fui la ville de son enfance pour sortir de son milieu si difficile, vient de terminer ses études à Pise. Vivant entourée d’intellectuels, Elena fréquente les élites, elle s’apprête d’ailleurs à épouser un jeune professeur d’université. Elle vient aussi d’écrire et de publier son premier livre, qui connaît un joli succès dans le public.

Pour la jeune femme, c’est aussi le temps du mariage et de la maternité. Ce sera à Florence, où le couple s’installe.

De quoi alimenter les conversations entre les deux amies, même si elles se voient beaucoup moins souvent : le téléphone est là pour ne pas perdre le contact, dans cette relation si particulière qu’il y a entre elles.

Une relation d’amitié, dans laquelle on trouve à la fois de l’amour et de la haine, une relation qui résiste au temps et aux choix de vie qu’elles font depuis l’école primaire, une relation qui les rapproche ou les éloigne en fonction des circonstances.

Bref, une saga somptueuse qui arrive à mélanger cette amitié troublante et absolue et l’histoire de l’Italie, sans qu’on se lasse une seconde.

Un formidable roman familial, féministe et politique avec une tendresse, une beauté et une finesse absolument magistrales.

Et dire qu’il va falloir attendre jusqu’au mois d’octobre pour lire le tome 4 …

10 ans de liberté, Natascha Kampusch, Editions Jean-Claude Lattès

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Le 23 août 2006, le calvaire d’une jeune autrichienne aurait dû prendre fin.

Aurait, parce que Natascha Kampusch, en réussissant à s’enfuir de la cave où elle est retenue prisonnière depuis huit ans, n’a probablement jamais imaginé que la liberté pouvait avoir un goût aussi amer …

Le 23 août 2006, et dans les jours qui ont suivi, tous les médias de la planète se sont emparés de cet enlèvement qui a fait la Une de tous les journaux. Quoi de plus vendeur en effet que cette horrible histoire qui, pour une fois, offre un happy end.

Ce jour-là, Natascha Kampusch est en train de passer l’aspirateur dans la voiture de son ravisseur, Wolfgang Priklopil, quand elle se rend compte qu’il ne fait pas attention à elle, trop occupé à téléphoner. La jeune femme en profite pour prendre ses jambes à son cou et s’enfuir en courant.

Son ravisseur se suicidera le jour-même, en se jetant sous un train.

Enlevée quand elle avait 10 ans, la jeune autrichienne passera huit années de sa vie, en captivité dans la maison de son geôlier, pas loin de Vienne. Une maison, et surtout une cache sans lumière naturelle, aménagée au sous-sol. On y trouvait un lit, un lavabo, un WC, un petit bureau, quelques rangements … et c’est tout. C’est là que Natascha vivait la majeure partie de son temps, ne pouvant sortir respirer à l’air libre que lorsque Priklopil lui en donnait la permission.

A sa libération, la jeune femme n’est pas en grande forme physique :  »j’avais de graves problèmes oculaires et réagissais avec une sensibilité excessive au passage de l’ombre à la lumière… j’avais des problèmes d’équilibre et de motricité … à cause de la malnutrition, j’avais développé toute une série d’allergies … durant toutes ces années en captivité, je n’ai jamais vu un médecin … ».

Moralement, on ne peut pas dire que la jeune femme affiche une forme exemplaire non plus : elle vient de vivre un véritable calvaire, et les séquelles sont toujours, à ce moment-là, très présentes.

Natascha est hospitalisée, avec son accord, et prise en charge par toute une série de personnes : policiers, psychologues, psychiatres, médecins … Curieusement, ses parents semblent écartés .Elle les verra à peine. Pourtant, c’est peut-être d’eux dont elle a le plus besoin pour commencer sa reconstruction…

Une reconstruction qui sera sans cesse plus que perturbée par des médias avides de confidences et de scoops : « Un soir, devant la clinique, un collaborateur des services psychosociaux a été abordé par un journaliste avec ces mots :  »Photo ? 70.000 en liquide. » Il a refusé ».

La presse se déchaîne pendant des jours, des semaines, des mois sans ménager la jeune femme .

Les propos qu’elle tient aux policiers fuitent dans les journaux. Il n’en faut pas plus pour que certains les interprètent à leur sauce et commencent à échafauder des théories pour le moins fumeuses : Natascha souffrirait du syndrome de Stockholm et pleurerait son ravisseur à chaudes larmes … Si elle n’est pas partie plus tôt, c’est qu’elle se sentait bien avec lui … Des théories évoquées également par certains magistrats, relayées dans la presse …

La jeune femme avait déjà évoqué les 3096 jours de sa captivité dans un livre sorti il y a quelques années. Aujourd’hui, elle revient sur les dix années qu’elle vient de vivre. Libre.

Elle nous livre ses expériences les plus difficiles, les plus belles aussi. Elle nous parle de ses rêves, de ses cauchemars, de ses attentes, de ses projets, de ses engagements humanitaires.

Avec elle, nous essayons de comprendre comment un être humain peut s’affranchir d’un passé, tel que celui qu’elle a vécu, pour se reconstruire. Comment trouver la force, quand, à l’horreur de la captivité, vient s’ajouter l’incroyable comportement de certaines personnes qui étaient sensées protéger la jeune femme qui venait d’échapper à son ravisseur.

Pour certains, un comportement honteux qui a, aujourd’hui encore, des conséquences sur la vie de la jeune autrichienne.

« 10 ans de liberté », un livre passionnant, à lire absolument.

Hortense, Jacques Expert, Sonatine

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Sophie Delalande dit d’elle même qu’elle est une fille dans la moyenne.  Moyenne de taille, moyenne de poids, moyenne dans son boulot de fonctionnaire au Ministère de l’Education Nationale.

Sophie, qui n’a jamais eu de relation amoureuse sérieuse, doit quasi se pincer quand le très beau et très mystérieux Sylvain s’intéresse à elle lors une soirée.

Sophie, qui doit aussi se demander si elle ne rêve pas encore quand, une semaine après leur rencontre, il vient s’installer dans son appartement.

Un an plus tard, la jeune femme est enceinte et ne sait pas comment l’annoncer à son compagnon. Comme un pressentiment, puisqu’il prend très mal la chose et disparaît en reprenant toutes ses affaires avec lui, laissant Sophie seule avec sa grossesse.

« Il m’avait abandonnée,  et j’allais accoucher seule. En quelques secondes, l’amour immense et inconditionnel que j’avais pour lui s’était mué en une haine profonde… »

Mais la vie continue pour Sophie qui accouche d’une adorable petite fille qu’elle appelle Hortense, une petite princesse à laquelle elle tient comme à la prunelle de ses yeux.

Les mois passent, Hortense grandit sans voir son père biologique : Sophie a toujours refusé de lui montrer sa fille. Jusqu’au jour où Sylvain débarque chez elle et enlève Hortense.

L’enquête ne permettra jamais de retrouver ni l’enfant, ni son père.

Vingt-deux ans plus tard, alors que Sophie ne s’est jamais remise de la disparition de sa petite fille adorée, une jeune femme blonde la bouscule dans la rue.

Sophie en est absolument certaine, son instinct maternel ne peut pas se tromper : celle qui a failli la faire tomber, c’est Hortense, son Hortense.

Elle décide de la suivre, de l’observer, elle va même jusqu’à faire connaissance avec elle, sans rien dévoiler de leur lien de parenté.

Juste pour essayer d’en savoir un peu plus sur celle qui se fait appeler Emmanuelle et qui explique aussi n’avoir jamais connu sa mère…

Sophie a-t-elle vraiment reconnu celle qui était sa raison d’être, ou est-ce le chagrin et la douleur qui la font délirer ? Et puis, cette Emmanuelle,  est-elle si clean que ça ?

Rien n’est moins sûr, dans ce polar au suspense intenable. Le 4ième de Jacques Expert qui est le devenu un maître du genre, en s’inspirant d’un fait divers réel, en le transformant en roman implacable, où la fin vous clouera sur place, après moult rebondissements.