Pamela, Stéphanie Des Horts, Livre de Poche

pam

Elle s’appelle Pamela.

Pamela Beryl Digby.

On la surnomme Pam.

Elle est née dans le comté du Hampshire, au sud de l’Angleterre, en 1920.

De ses parents, issus de la petite noblesse désargentée, elle tient la flamboyance de sa chevelure, une indéfectible foi en elle et une volonté d’aller de l’avant, toujours.

Une volonté aussi de vivre à Londres et de quitter cette campagne où elle s’ennuie à mourir.

Je déteste la campagne, la boue, le gel, les cheminées glaciales au petit matin, les femmes de chambre mal payées, l’humidité et le vent dans les saules. Je ne rêve que de paillettes, bals masqués et d’hommes prêts à tout pour me conquérir. L’argent vaut tous les quartiers de noblesse. Je veux l’amour, la gloire, le rire, la passion, le pouvoir… Quoi encore ? Jouir, plaire, jurer. Arrêter de faire semblant. Comme mes parents qui sourient alors qu’ils ont vendu tous les bijoux de famille.

Pamela en est bien consciente : elle n’aura pas le choix : son avenir, c’est le mariage … Heureusement pour elle, même sans le sou,  la jeune femme sait qu’elle est appétissante et qu’elle plaît aux hommes.

Quand elle rencontre Randolph Churchill, le fils de Winston, elle comprend instantanément tout ce que cette union pourrait lui ouvrir comme portes.

En octobre 39, elle a 19 ans.

La guerre et Hitler ne sont pas loin.

Randolph veut un héritier.

Pam une position sociale.

Ils se marient.

Très rapidement, elle est enceinte et donne naissance à un garçon : Winston junior.

Plus rapidement encore, l’entente se détériore au sein du couple. Randolph est envoyé au combat.

Pam s’installe à Downing Street chez ses beaux-parents, pour y jouer les hôtesses modèles.

C’est vrai qu’on croise du beau monde chez le Premier Ministre.

L’exubérance de sa chevelure rousse, la langueur de sa voix et son sourire malicieux feraient dresser une assemblée de cardinaux. (…) Pamela Churchill est bien décidée à prendre l’Histoire en marche, elle ne quitte plus les cercles où s’exercent les arcanes du pouvoir.

Les mois passent, les années aussi.

Le divorce avec Randolph est inéluctable.

Qu’importe : Pam a réussi à se faire une place au sein de la société. Elle enchaîne les conquêtes.

Des hommes qu’elle a tous aimés à sa manière.

Des hommes qui l’ont tous ardemment désirée.

Rien que du beau monde : le Prince Ali Khan, Gianni Agnelli, Frank Sinatra, Stavros Niarkos, Elie de Rotschild, Maurice Druon, beaucoup d’autres encore qu’on n’ose pas nommer, sans oublier l’américain Averell Harriman, qui sera son dernier mari, et qui la laissera veuve et très très riche.

C’est avec Averell qu’elle fera la connaissance de Bill Clinton, alors complètement inconnu du public et juste sénateur de l’Arkansas.

Pam contribuera à le faire élire.

Pour la remercier, il la nommera ambassadrice des Etats-Unis à Paris.

C’est là qu’elle mourra, en février  1997, comme une légende, dans les eaux de la piscine du Ritz …

Elle avait 77 ans …

Un destin hors du commun.

Fascinant.

Etourdissant.

Comme ce roman autobiographique signé Stéphanie Des Horts.

Une petite merveille qui fait 300 petites pages.

On en aurait bien lu le double, tellement c’est bien foutu.

On en veut encore …

 

Les soeurs Livanos, Stéphanie Des Horts, Albin Michel

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Dans la famille Livanos, il y a l’aînée, Eugénie, 18 ans.

Brune, douce, raisonnable, discrète.

Dans la famille Livanos, il y a aussi et surtout sa cadette : Tina, seize ans à peine.

Frivole, impertinente, blonde comme les blés.

Eté 46, Tina est amoureuse d’Aristote Onassis.

A l’époque, Onassis, fils d’un petit marchand de Smyrne sans le sou,  est déjà richissime : il a construit sa fortune en rachetant des bateaux démobilisés et désarmés par la marine américaine, et pour le moment, il négocie le monopole du transport du pétrole avec le Roi d’Arabie Saoudite.

Décembre 46, par un froid glacial, Tina épouse Onassis en grandes pompes.

 La soirée s’est terminée à l’aube. Cela faisait longtemps que l’on se s’était plus amusé ainsi à New York, et ça ne fait que commencer, je n’ai pas fini de brûler ma vie.

Quelques mois plus tard, le 1er novembre 1947, c’est au tour d’Eugénie de se marier.Toujours à New York.

Avec Stavros Niarchos.

L’ennemi de toujours d’Onassis.

Pour les deux sœurs, plus rien ne sera plus jamais comme avant.

Leurs maris mènent la danse. L’un est plus distingué, l’autre carrément vulgaire. Mais personne le leur résiste. Ni à l’un, ni à l’autre.

Absolument personne.

Leur personnalité, leur argent dominent le monde.

Comme leurs épouses règnent sur la jet set.

De New York à Paris, en passant par la mer Egée, ou par Saint Moritz et Monaco.

Sur terre, en mer.

Partout.

Tina et Eugénie. Aristote et Stavros. Quatre fauve qui vont se déchirer.

Cruellement, petit à petit. Inexorablement.

Derrière toute la flamboyance affichée dans les magazines de papier glacé. Malgré tout le glamour capturé par les hordes de paparazzis à leurs basques depuis toujours.

Les deux sœurs s’adorent et se jalousent à la fois.

Les conséquences ne peuvent être que désastreuses. L’amour est devenu une arme. Parfois mortelle …

C’est une véritable petite merveille que signe ici Stéphanie des Horts.

Une immersion troublante et complètement réussie dans l’intimité de ces ultra-riches si puissants.

Alors que se croisent au petit-déjeuner Jackie Kennedy, Maria Callas, Gianni Agnelli ou Marilyn Monroe.

Alors que la fortune d’Aristote et de Stavros ne fait que se développer.

Alors que leurs exigences et leurs caprices dépassent l’entendement.

Des années 40 aux seventies.

La vie de deux sœurs qui avaient tout pour être heureuses.

Absolument tout. Et pourtant …

Certains diront que l’argent ne fait pas le bonheur.

On ne peut pas leur donner tort en ce qui concerne ces sœurs Livanos.

Quels destins…

Et quel moment de lecture …

Vertigineux.