Les Billary, enquête sur le couple de pouvoir le plus fascinant du monde, Olivier O’Mahony, Flammarion

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Après avoir entendu parler de Bill pendant des années, il y a des semaines, voire des mois maintenant que c’est Hillary qui alimente toutes les conversations. Mais au fond, qui est vraiment ce couple que certains n’hésitent pas à qualifier de plus puissant du monde ?

Olivier O’Mahony « couvre » les Clinton depuis son arrivée aux Etats-Unis, en janvier 2009, pour ParisMatch. Il est le seul correspondant français à avoir interviewé à la fois Hillary et Bill, ce couple qui demeure pour beaucoup un véritable mystère, « où passion amoureuse, engagement politique et goût du pouvoir ont toujours été étroitement liés, … pour le meilleur (…) et pour le pire … »

Un couple incroyable, improbable selon certains, qui n’a jamais abandonné l’idée de reconquérir la Maison Blanche. Et c’est une incroyable enquête que nous propose le journaliste français qui a rencontré des dizaines de témoins, des amis, des ennemis du couple pour mieux cerner son mode de fonctionnement.

« Depuis qu’ils se sont rencontrés en 1971 : ils font tout ensemble. Avec des hauts et des bas. Bill sans Hillary ? Impossible à imaginer. Mais Hillary sans Bill ? Elle a eu mille occasion de le quitter, et pourtant, à chaque fois qu’elle était sur le point de franchir le pas, elle s’est abstenue. »

On sait que la brillante Hillary a accepté d’aller s’enterrer dans ce trou perdu qu’est l’Arkansas pour y suivre Bill qui s’y lance en politique.

On sait aussi qu’il lui doit en grande partie son élection, comme gouverneur d’abord, comme président  ensuite . « Bill a toujours aimé les fortes femmes. La confrontation n’est pas son truc, contrairement à Hillary, à laquelle il délègue volontiers ce genre de tâche. Les deux se complètent. Elle voit des ennemis partout, il s’entiche de gens qui n’en valent pas forcément la peine. Elle est structurée et organisée, il est intuitif et arrive toujours en retard. »

Hillary qui n’a jamais hésité à soutenir son volage de mari dans les moments les plus pénibles, comme l’affaire Lewinsky : c’est grâce à elle que Bill est resté debout. Hillary qui a résisté, en gardant la tête haute,  alors que la planète entière savait que son mari l’avait trompée et dans quelles circonstances.

Et il faut bien dire que Bill lui a rendu la pareille en lui offrant son soutien entier depuis qu’elle a choisi de se lancer elle-même dans l’arène politique. Comme sénatrice d’abord, dans sa première tentative  à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2008 contre Barack  Obama ensuite et comme candidate à la présidentielle cette année.

« Est-ce par culpabilité vis-à-vis d’Hillary qui aurait, dans un premier temps, sacrifié sa carrière pour la sienne, puis encaissé moult humiliations publiques ? Ou tout simplement parce qu’il croit sincèrement depuis le premier jour de leur rencontre, que sa femme est la meilleure et mérite autant que lui de devenir présidente des Etats-Unis ?  »

Vous aurez une partie de la réponse en dévorant cette enquête passionnante, impossible à lâcher.

A lire obligatoirement avant le 8 novembre prochain, date à laquelle les Clinton s’apprêteront peut-être à se ré-installer à la Maison Blanche…

Le 8 novembre prochain, date à laquelle Hillary entrera peut-être dans l’Histoire, celle avec un grand « H » , quand elle deviendra la première femme Présidente des Etats-Unis…

 

 

L’ombre de Gray Mountain, John Grisham, Livre de Poche

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Manhattan, Wall Street plus précisément. Samantha est avocate dans un grand cabinet. En 2008, la crise est là : la récession peut frapper à tout moment. La jeune femme s’y attend. Quand le couperet tombe, quand elle est limogée et raccompagnée par des vigiles vers la sortie, elle ne sait évidemment pas de quoi son avenir sera fait.

Après quelques jours de réflexion, elle décide de quitter la ville et de s’installer au cœur des Appalaches. Elle y travaillera gratuitement dans un centre d’aide juridique… comme stagiaire. Pour la première fois de sa vie, elle va devoir aider de vraies gens, qui ont de vrais problèmes.

Et pour la première fois de sa vie aussi, Samantha doit faire face à la violence des salles d’audience où chacun défend sa peau. Elle apprend à subir des menaces et surtout, pour la première fois de sa carrière, elle va préparer un procès, un vrai, dans cette petite ville qui cache de si lourds secrets, où les dirigeants des exploitations minières ne respectent rien ni personne.

 »L’ombre de Gray Mountain » est un bon thriller, le premier où John Grisham, le maître du genre, fait la part belle à l’écologie et à ses enjeux. Un thriller que vous lâcherez très difficilement …

La fille du train, Paula Hawkins, Pocket

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Tous les jours, Rachel, une petite trentaine d’années,  prend le train pour se rendre à Londres le matin et rentrer en banlieue le soir. Juste pour tuer le temps : elle a perdu son emploi. Et chaque jour, ou presque, elle s’assied à la même place pour regarder le paysage par la fenêtre. Enfin, surtout une maison bien particulière, en contrebas de la voie ferrée. Une maison dont elle connaît chaque brique. Elle a même donné un prénom à ses occupants : Jess et Jason, qui semblent former un couple parfait. L’image du bonheur en quelque sorte, ce bonheur que Rachel ne connaît plus puisque son mari l’a quittée après l’avoir trompée.

Un matin, la jeune femme aperçoit un autre homme que Jason dans le jardin de Jess. Que s’est-t-il passé au sein de ce couple modèle ?  Rachel décide d’enquêter, mais quelques jours plus tard, la presse annonce la disparition de celle que Rachel appelle Jess….

 »La fille du train » fait un véritable tabac depuis sa sortie, en grand format, aux Editions Sonatine, puis en poche, chez Pocket. Près de 15 millions d’exemplaires ont déjà été vendus à travers le monde.

Si vous ne devez lire qu’un seul thriller psychologique cette année, c’est probablement celui-ci, terriblement addictif, rondement bien mené, une véritable révélation dans le genre pour la journaliste Paula Hawkins qui signe ici son premier roman.

Une réussite quasi parfaite, dont les côtés  »hitchkockiens » ont séduit les producteurs de Hollywood : l’adaptation en film vient de sortir aux Etats-Unis, avec Emily Blunt dans le rôle de Rachel. Chez nous, il faudra attendre début novembre pour le voir en salles. Juste le temps de lire le bouquin AVANT de regarder le film dont l’action a été délocalisée à New York…

Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset

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Manhattan, 1969. Werner Zilch est assis dans un restaurant quand il aperçoit une jeune femme:  »La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… »

Une rencontre, un coup de foudre pour Werner qui a été adopté par une famille américaine au sortir de la guerre, et qui ne s’est jamais vraiment préoccupé de ses origines.

Une passion instantanée aussi pour la jeune femme. Rebecca, la fille d’un des hommes les plus puissants du pays. Rebecca, l’artiste en vue, l’enfant hyper gâtée par son père.

Rebecca et Werner donc. Qui vont très vite s’aimer. Jusqu’au jour où le jeune homme est présenté à Judith, la mère de Rebecca qui s’effondre quasi instantanément en voyant l’amoureux de sa fille.  Qu’est-ce qui a bien pu provoquer cet évanouissement ? Judith a-t-elle reconnu quelqu’un sous les traits de Werner ? Une chose est certaine, plus rien ne sera jamais comme avant, parce Rebecca disparaît du jour au lendemain de la vie de Werner qui ne comprend absolument rien à ce qui lui arrive.

Dans ce New York si captivant de la fin des années 60, Werner va devoir plonger dans son propre passé pour découvrir la vérité : celle de deux frères ennemis et celle de deux femmes liées par une amitié indéfectible, à Dresde, en 1945, sous une déluge de bombes.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre signe une superbe saga, une véritable tragédie sur les ruines de la seconde guerre mondiale.

Un roman impossible à lâcher, tellement on est pressé de connaître le sort réservé à ces héros si attachants. Tellement attachants que « le dernier des nôtres » a reçu, dès sa sortie, le premier prix « Filigranes ».

Mon Amérique, 50 portraits de légende, Philippe Labro, collection Points

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Il y avait longtemps que Philippe Labro voulait rendre hommage à ces héros qui l’ont accompagné à dix-huit ans quand il a débarqué en Virginie pour étudier et ensuite voyager à travers cette Amérique qui le fascine tant.

Le journaliste écrivain en a finalement choisi cinquante. D’une manière plus ou moins aléatoire précise-t-il. « Il m’a fallu procéder à de cruelles impasses et risquer les apostrophes : pourquoi celui-ci et pas celui-là ? Pourquoi préférer Louis Armstrong à Miles Davis, Hemingway à Dos Passos (…) Dylan à Springsteen (…) Pourquoi ignorer certains contemporains ? (…) Parce que c’est eux, parce que c’est moi. »

Et Labro poursuit :  »Mes Américains sont des rebelles, des mavericks, des empêcheurs de tourner en rond … Ils ont bousculé l’ordre établi avec courage et inventivité. »

Parmi ces cinquante portraits, on trouve ceux de Mohamed Ali, Woody Allen, Marlon Brando, Al Capone, Amelia Earhart, Katharine Hepburn, Edward Hooper, JFK, Robert de Niro ou encore Orson Welles. Rien que des légendes, Labro avait prévenu !

Libre à vous de les lire dans l’ordre alphabétique dans lequel ils sont présentés.

Libre à vous de piocher où bon vous semble au gré de vos envies.

Libre à vous encore de les lire en une après-midi au coin du feu, ou choisir de faire durer le plaisir, un peu comme on laisserait fondre un caramel beurre salé ou un chocolat sur la langue, en réservant un de ces portraits par jour.

Parce que la sensation ressentie est la même : un vrai moment de bonheur.

L’insouciance, Karine Tuil, Gallimard

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Romain Roller est lieutenant dans l’armée française. De retour d’Afghanistan, il ne va pas bien. Plusieurs de ses hommes ont été tués ou très grièvement blessés, et il n’a pas pu l’empêcher.

En séjour de décompression dans un Palace chypriote, il fait la connaissance d’une journaliste avec qui il a une liaison. Elle s’appelle Marion, elle est l’épouse de François Vély : un homme d’affaires très en vue, fils d’une ancien ministre et résistant juif.

A Paris, Romain et Marion se revoient alors que François devient très rapidement la cible des médias qui l’accusent de racisme, après qu’il ait posé pour un magazine assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. Le tollé est général, de quoi menacer et complètement ruiner sa réputation. De quoi surtout faire crouler l’empire financier qu’il a mis des années à construire.

C’est Osman, un des amis d’enfance de Romain qui va prendre publiquement sa défense. Osman, fils d’immigrés ivoiriens. Une personnalité politique montante depuis les émeutes dans les banlieues en 2005. Osman qui conseille le Président de la République. Osman qui navigue à présent dans les coulisses du pouvoir et de l’Elysée.

Comment ces quatre-là vont-ils vivre ce tourbillon qui les entraîne inéluctablement vers les tourments ? Comment vont-ils faire face à cette déferlante médiatique qui pourrait bien tous les emporter ?

Réponse dans ce roman magistral. Fascinant. Si cruellement contemporain.

Peut-être le meilleur de cette rentrée littéraire.